Académie de Bordeaux: La nouvelle carte de l'éducation prioritaire contestée

EDUCATION Six réseaux sortent de l'éducation prioritaire en Gironde, dans le cadre de la refonte de la carte nationale...

Elsa Provenzano

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Illustration d'une classe, dans une école élémentaire.
Illustration d'une classe, dans une école élémentaire. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«L'éducation prioritaire a été mise en place en 1982 et la carte n'a pas suivi l'évolution de nos sociétés et de nos territoires», a expliqué Olivier Dugrip, recteur de l'académie de Bordeaux, pour justifier la réforme portée par le ministère. Celui-ci souhaite que l'académie passe de 43 réseaux d'éducation prioritaire (REP) à 34 à la rentrée 2015. Le recteur a annoncé ce mercredi qu'il proposerait que 6 nouveaux réseaux rentrent dans l'éducation prioritaire et que 15 en sortent,  sur l'ensemble de l'académie de Bordeaux.

Six réseaux sortent de l'éducation prioritaire en Gironde

Sur le département de la Gironde, le collège du Grand Parc rentre en REP et le collège Montaigne de Lormont et Blanqui à Bordeaux rentrent en REP+, un dispositif renforcé. Six en sortent: Guîtres, Lussac, Saint-Symphorien, Cadillac, Bègles Marthelot et Salles Aliénor d'Aquitaine. Dans ces secteurs de nombreuses manifestations, réunissant enseignants et parents d'élèves, ont eu lieu ces dernières semaines pour protester contre ces décisions. Ce mercredi, une nouvelle mobilisation a eu lieu à Bordeaux, elle est partie du Rectorat pour rejoindre la Bourse du travail.

«On prend aux pauvres pour donner aux plus pauvres»

Pour arrêter son choix sur cette carte, le recteur s'est appuyé sur un indice social qui regroupe les pourcentages d'élèves habitant en zone urbaines sensibles (ZUS), appartenant à des catégories sociales défavorisées, en retard à l'entrée en sixième et boursiers. «Les zones rurales sont éloignées des lieux culturels et des structures médico-sociales et cela n'est pas pris en compte. La situation à l'est et au nord est de la Gironde va encore se dégrader. On prend aux pauvres pour donner aux plus pauvres», déplore Agnès Dumand, secrétaire départementale du SNUipp-FSU 33.

«Il va bien falloir prendre des moyens ailleurs!»

Le rectorat assure que les établissements qui sortent du réseau continueront d'être accompagnés. «On ne va pas brutalement passer de 25 à 30 ou 35 élèves, on ne va pas fermer des classes ni supprimer des postes d'enseignants», assure le recteur. «Il sort de sa hotte cet argument-là, mais il va bien falloir prendre des moyens ailleurs et on entend déjà des rumeurs sur des fermetures possibles de SEGPA (sections d'enseignement général et professionnel adapté) et de bac pro», avance Agnès Dumand. Pour elle, il n'y aura peut-être pas de différence flagrante pour ces établissements dès la rentrée, mais elle s'attend à une dégradation progressive de l'accompagnement pédagogique.

«Comme l'a rappelé la ministre, l'éducation prioritaire n'a pas une vocation pérenne mais consiste en une mobilisation de moyens sur un temps déterminé. La carte sera revue tous les quatre ans», a précisé le recteur.

Une action est prévue le 17 décembre, date de la publication officielle de la nouvelle carte de l'éducation prioritaire par le ministère de l'éducation nationale.