Les supporters des Girondins de Bordeaux, lors d'un match contre la Juventus Turin en Ligue des champions, le 25 novembre 2009.
Les supporters des Girondins de Bordeaux, lors d'un match contre la Juventus Turin en Ligue des champions, le 25 novembre 2009. — P.Saura/Sipa

FOOTBALL

VIDEO. Bordeaux: A la découverte de la playlist des chants des supporters des Girondins

Deux animateurs des ultramarines nous font découvrir le répertoire des chants à la gloire des Girondins de Bordeaux…

Les chants des supporters des Girondins raisonnent toujours dans nos têtes lorsque l’on va au stade. On ne sait pourtant pas toujours d’où ils tiennent leurs origines. Laurent et Romain, deux animateurs du virage Sud, membres des Ultramarines et issus tous deux du milieu musical, nous font découvrir le répertoire des chants à la gloire des Girondins de Bordeaux.

Les chants nostalgiques

L’hymne du virage sud: «Il date de 1999-2000. C’est généralement le premier chant de démarrage de la partie pour dire que l’ensemble des supporteurs est derrière son équipe. Ce chant remonte à l’époque où les Devils étaient encore présents avant leur dissolution. C’était l’âge d’or de la tribune.»

Le chant chilien: «Il date de la Coupe du monde 1998 où les Chiliens étaient venus jouer à Bordeaux. "Allez, Allez, Bordelais!" est calqué sur le rythme du chant chilien que l’on a encore entendu lors de la Coupe du monde au Brésil. "Vamos, Vamos chilenos, que esta noche tenemos que ganar"»

Oh mama mama mama, sais-tu pourquoi mon cœur est bleu et blanc?: «C’est un chant de Naples à la gloire de Maradona. On l’a repris car c’est ce qui identifie bien la raison pour laquelle on aime venir au stade encore et encore. Cela veut dire, "j’ai vu jouer Bordeaux, ça m’a retourné la tête".»

Les chants fidèles

«Ce sont les chants qui permettent de remobiliser tout le monde. Quelque part, on est un peu comme un coach. Il est parfois très difficile de remotiver sa tribune.»

Allez Bordeaux, tes supporteurs sont là!: «Franc, direct, puissant.»

Gi! Ron! Dins!: «Celui-là, c’est pour réveiller le virage.»

 

Aux armes. «C’est lors du Bordeaux-Milan de 1996 que le virage Nord a répondu la première fois. Avec ce chant, on essaie de galvaniser le stade. Des stades où deux tribunes opposées se répondent, c’est assez rare.»

Les chants à message

«Ce sont des chants un peu noirs qui témoignent de notre fidélité. On vit chaque décennie une période de creux dans les résultats. Quand la vox populi réclame la démission du président ou de l’entraîneur, nous on essaie de montrer que l’on est fidèle et bien présent. Lorsque l’on perd un match largement, on se dit que notre orgueil est bafoué, donc la seule fierté qu’il nous reste, c’est de se faire entendre malgré la défaite.»

Nous resterons là, toujours nous resterons là: «On prouve notre dévotion à notre club, notre équipe, notre ville. En 1999 à Parme, 6-0 en quarts de finale retour de Coupe UEFA, les 200 Bordelais dans le parcage étaient en train de chanter.»

Battez-vous pour nos couleurs: «C'est un rappel à l’ordre pour les joueurs, c’est notre cri de désespoir.»

Les chants sarcastiques

«Ce sont des coups de folie, qui viennent spontanément, dans des moments où il ne se passe pas grand-chose. Un moment où on est dans un mal-être total car on a du mal à motiver les gens. C’est un grain de folie.»

On se fait chier:

Janot, si t’es sympa, laisse marquer Ben Khalfallah:

Les chants à insulte

«C’est une partie sensible car on a conscience que c’est gênant pour certains. On ne se soumet pas à la moralité ambiante. Nous, on défend notre bastion populaire. Dans des confrontations de club, il arrive que l’on ait à s’imposer. C'est surtout lors des rencontres où il y a une vraie rivalité sportive et "politique" comme Marseille ou Paris. Cela fait partie du folklore, on ne va pas agresser quelqu’un car il a un maillot de l’OM dans la rue, un ultra ne s’attaque jamais à un innocent. C’est une réaction virile de masse, on lève la tête et les épaules et on s’impose. Mais nous tenons à préciser que nous sommes assez fiers et contents d’être l’un des stades à ambiance en France où il y a le moins d’insultes.»