Bordeaux: Le père du bébé tombé dans la Garonne continue de plaider l’accident

FAITS-DIVERS L’homme met en avant un mal de dos qui l’aurait empêché de rattraper son enfant. Une version qui ne convainc toujours pas le parquet…

Mickaël Bosredon

— 

Le Procureur de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot, lors d'une conférence de presse, le 24 novembre 2014 à Bordeaux
Le Procureur de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot, lors d'une conférence de presse, le 24 novembre 2014 à Bordeaux — Mehdi Fedouach AFP

Il assure «ne pas avoir réussi à la rattraper.» Incarcéré depuis le 23 novembre à la maison d’arrêt de Gradignan, le jeune père de Yumi, le bébé de 22 mois tombé dans la Garonne le 21 novembre dernier, s’est expliqué mardi devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Bordeaux, rapporte le quotidien Sud-Ouest. Et il continue de plaider l’accident.

Il assure que son enfant lui a échappé lorsqu’il l’a posé sur le parapet du pont de Pierre à Bordeaux, pour lui faire admirer les lumières de la ville. Et qu’il n’était pas en mesure de la rattraper, en raison d’un mal de dos. Le bébé n'a toujours pas été retrouvé.

Contexte de séparation difficile

Mis en examen pour homicide volontaire sur mineur de 15 ans, l’homme a été placé en détention provisoire. Car le parquet ne croit pas à cette version, mettant en avant l’instabilité des déclarations du père, une expertise médicale rapportant qu’il n’y a pas «d’impotence fonctionnelle susceptible de limiter les capacités physiques», et le contexte de séparation très difficile des parents de Yumi: la décision sur la garde de la petite fille devait être rendue ce jeudi, et l’homme aurait juré à son ancienne compagne qu’elle ne reverrait jamais son enfant s’il ne l’obtenait pas.

Par ailleurs, le père était très bien renseigné sur un autre drame, survenu quelques jours plus tôt. Un autre père de famille s’était accusé d’avoir jeté son bébé dans la Garonne, et a été mis en examen et incarcéré depuis.

L’avocat du père de famille met, lui, en avant des «doutes» dans cette affaire, et souligne que l’instruction ne fait que commencer.