Ligue 1: Emiliano Sala n’a pas encore pris le bon wagon avec les Girondins de Bordeaux

FOOTBALL Si l’attaque des Girondins est très performante, ce n’est toujours pas le cas du jeune Argentin, qui doit s’armer de patience…

Marc Nouaux

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Emiliano Sala lors du match contre le Paris Saint Germain au Parc des Princes le 25 octobre 2014.
JEFFROY GUY/SIPA/1410261833
Emiliano Sala lors du match contre le Paris Saint Germain au Parc des Princes le 25 octobre 2014. JEFFROY GUY/SIPA/1410261833 — SIPA

Emiliano Sala était attendu. Après avoir inscrit 19 buts en National avec Orléans en 2012-2013, puis 18 en Ligue 2 avec Niort en 2013-2014, le jeune Argentin est revenu l’été dernier de ses deux prêts avec la certitude qu’il pouvait beaucoup marquer. Problème, depuis le début de la saison, il n’a pas eu le même rendement avec les Girondins, n’inscrivant qu’un but (sur pénalty face à Monaco) en 470 minutes (quatre titularisations et cinq entrées en jeu).

«C’est un peu plus dur mais le niveau est différent, c’est plus difficile de s’exprimer en Ligue 1, juge Pascal Gastien, son ancien entraîneur à Niort. Chez nous, il a eu du mal à s’adapter à la Ligue 2 au départ car il arrivait de National puis après, c’était parti, il a beaucoup marqué. C’est un joueur qui sait s’adapter mais le souci, c’est qu’il a moins de temps de jeu que chez nous.»

Il se crée beaucoup moins d’occasions qu’à Niort

Arrivé en 2010 d’Argentine, Sala, déjà 24 ans, veut prendre son temps même s’il n’est plus un tout jeune joueur. «Je suis patient, j'ai confiance, confiait-il à Sud Ouest il y a un mois et demi. Dans ma situation, il ne faut pas perdre la tête et se dire qu'il faut prouver en six mois. Il faut travailler. Je respecte le choix du coach, je m'adapte à la situation et j'essaie de profiter des minutes de jeu que l'on m'offre.»

«En Ligue 1, c’est très difficile de jouer devant, estime Gastien. C’est plus facile de se faire une place en défense ou au milieu. La marche est haute mais c’est un joueur qui a une grosse qualité mentale pour y parvenir. C’est difficile mais pas insurmontable. Après, c’est vrai que chez nous il avait l’habitude de se créer beaucoup d’occasions, ce qui n’est pas le cas à Bordeaux pour l’instant.»

«Sa générosité, c’est son argument principal»

Pour franchir le palier et devenir une véritable alternative à Cheick Diabaté, le meilleur buteur du club, Sala devra épurer son jeu, et être plus efficace devant le but. «Je pense qu’il lui faut beaucoup trop d’occasions pour marquer, juge Eric Barrère, journaliste pour BeIN Sports et qui a suivi Sala en Ligue 2 l’an passé. Il a mis 18 buts mais il aurait pu en mettre au moins 25. Je l’ai vu marquer des buts exceptionnels et louper des occasions immanquables. Ca reste un bon joueur mais il faut qu’il progresse dans l’efficacité.»

«Il doit progresser techniquement, insiste Gastien. Peut-être qu’il manque de lucidité devant le but car il fournit beaucoup d’efforts, mais il ne doit pas perdre cette qualité. Sa générosité, c’est son argument principal.» Victime d’une entorse à la cheville il y a peu, l’Argentin a été moins présent sur le terrain ces dernières semaines, également victime du retour de Saivet, de l’affirmation de Diabaté et de l’éclosion de Touré.

Les départs à la CAN en janvier de Khazri, Diabaté voire Saivet devraient lui offrir une nouvelle opportunité d’exister. Mais il n’y a pas encore d’urgence pour lui. Sous contrat jusqu’en juin 2017, il a encore deux ans et demi pour s’affirmer.