Agen: Enquête à l’hôpital après deux décès suspects

FAITS-DIVERS Deux patients octogénaires en réanimation sont décédés cette semaine à l’hôpital d’Agen. Une préparation médicamenteuse pourrait être en cause…

Mickaël Bosredon

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Google Maps d'Agen (Lot-et-Garonne).
Google Maps d'Agen (Lot-et-Garonne). — 20minutes.fr

Des enquêtes administrative et judiciaire ont été ouvertes après les décès suspects cette semaine à l'hôpital d'Agen de deux patients octogénaires en réanimation, qui pourraient avoir été «accélérés» par un problème de composition d'une préparation médicamenteuse.

L'Agence régionale de Santé (ARS) d'Aquitaine a confirmé l'ouverture mercredi d'une enquête administrative, après les décès d'un homme de 81 et d'une femme de 84 ans survenus mardi au Centre hospitalier Saint-Esprit d'Agen.

Retrait du produit

Le service de réanimation de l'hôpital a alerté mardi la direction des deux décès et du fait qu'une «possible mauvaise composition de soluté» - un mélange de produits de santé dans une solution liquide - administré à ces patients «pourrait avoir accéléré» leur décès, a indiqué la direction à l'AFP, confirmant une information du site Sudouest.fr.

Selon le directeur de l'hôpital Florian Jazeron, «toutes les mesures ont été prises» immédiatement pour assurer la sécurité des patients hospitalisés en réanimation, en particulier le retrait du soluté et du lot de produits afférents. Les familles des défunts ont été avisées «en toute transparence», a ajouté le dirigeant de l'établissement. L'état d'un troisième patient, qui avait été traité avec le même soluté, était «stabilisé, dans le cadre de la réanimation», a souligné le directeur de l'hôpital.

Résultats de l’enquête d’ici une semaine

Une enquête judiciaire pour recherche des causes de la mort a été ouverte jeudi par le parquet d'Agen, et confiée à la police. L'enquête devrait notamment s'attacher à établir si le soluté en question appartenait à un lot livré déjà conditionné ou élaboré, ou manipulé sur place par des professionnels de santé. Selon Sud-Ouest, au moment des faits, l'établissement de soins était confronté à une rupture d'approvisionnement du produit habituellement utilisé. Pour faire face à cette pénurie, il a été choisi d'en fabriquer au sein même de l'hôpital.

L'ARS a indiqué ne pouvoir donner plus de précision dans l'attente des résultats de l'enquête administrative, qui ne devraient pas être connus avant une semaine.