Bordeaux: Le maire de Mérignac met en garde contre une éventuelle privatisation de l’aéroport

INFRASTRUCTURES L’élu PS et la députée Marie Recalde estiment qu’une maîtrise publique du capital de l’aéroport doit être conservée…

Mickaël Bosredon
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L'aéroport de Bordeaux-Mérignac
L'aéroport de Bordeaux-Mérignac — S.ORTOLA/20MINUTES

Non à une privatisation de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Au lendemain de l’annonce du rachat de 49,99% des parts de l’aéroport de Toulouse-Blagnac par un groupe chinois, Alain Anziani, maire PS de Mérignac, et Marie Recalde, députée PS de la sixième circonscription, viennent de signer un communiqué dans lequel ils soulignent la «spécificité» de cette infrastructure.

«L’aéroport de Mérignac est le seul, parmi les grands aéroports français potentiellement concernés par une vente des parts de l’Etat, à concilier un usage civil et militaire. La présence en bord de piste de 3.000 militaires, du Commandement des Forces Aériennes et d’une usine de Dassault Aviation où sont assemblés les avions Rafale, lui confère une dimension stratégique particulière.»

Mérignac est un des actionnaires locaux de l’équipement aux côtés de la Ville de Bordeaux, du Conseil général de la Gironde, du Conseil régional d’Aquitaine, de la Communauté urbaine de Bordeaux et de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux. Les collectivités détiennent actuellement 15% du capital, la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux, 25% et l’Etat, 60%.

L’aéroport souhaite de son côté une liaison directe avec la Chine

Ce qui n’empêche pas l’aéroport de faire les yeux doux aux Chinois. «Le nombre de voyageurs chinois a explosé en cinq ans, explique la direction de l’aéroport dans un communiqué. Ils sont aujourd’hui estimés à 54.000 passagers annuels représentant un flux identique à la ligne vers Istanbul desservie 5 fois par semaine au départ de Bordeaux. Si la courbe de croissance se poursuit sur le même rythme, ce sont de 80.000 à 100.000 passagers par an qui pourraient passer par l’aéroport d’ici à deux ans.»

L’aéroport souhaite ainsi l’ouverture d’une ligne directe entre Bordeaux et la Chine. «Nous avons étudié les potentialités de Bordeaux sur des axes longs courriers, et les Emirats Arabes ainsi que la Chine ressortent comme des évidences, explique à 20Minutes Jean-Luc Poiroux, directeur du développement commercial de l'aéroport. En terme de droits de trafic, les choses sont toutefois beaucoup plus ouvertes entre la France et la Chine qu'avec les Emirats. Nous discutions avec des compagnies chinoises; cela peut aller très vite comme prendre des années. C'est pour cela que nous lançons une campagne de communication en Chine, pour mettre en exergue la destination Bordeaux.»