Bordeaux: Une tête de pont pour lutter contre les maladies du cerveau

SCIENCES La première pierre du futur Neurocampus a été posée ce lundi matin sur le site du CHU Pellegrin…

Mickaël Bosredon

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Le futur Neurocampus de Bordeaux sera connecté aux autres unités par des passerelles
Le futur Neurocampus de Bordeaux sera connecté aux autres unités par des passerelles — VIALET ARCHITECTURE

C’est la future pierre angulaire qui doit permettre à Bordeaux de s’inscrire durablement comme un pôle de référence mondiale dans la lutte contre les maladies du cerveau. Le lancement du chantier d’un bâtiment ultra-moderne de 13.000 m2 a été lancé ce lundi matin, sur le site Carreire du domaine hospitalo-universitaire de Bordeaux.

Il accueillera l’Institut des maladies neurodégénératives (IMN), l’Institut interdisciplinaire de neurosciences (IINS) et une partie du Bordeaux Imaging Center (BIC), et sera directement connecté au Neurocentre Magendie (Inserm/Université de Bordeaux) et à la plateforme génomique fonctionnelle, déjà sur place. En tout, c’est un pôle de 25.000 m2 dédié aux neurosciences qui va ainsi voir le jour, regroupant 450 des 650 personnes travaillant dans ce domaine à Bordeaux.

«L’objectif est la guérison des maladies du vieillissement»

«Le Neurocampus va permettre une augmentation du potentiel de recherche en neurosciences à Bordeaux, et va donner à la ville une visibilité internationale» assure Daniel Choquet, directeur de l’IINS. «Alors que nous étions dispersés, nous serons quasiment tous réunis sur ce pôle, et cela permettra des investissements collectifs» souligne de son côté Erwan Bézard, directeur de l’IMN.

La région Aquitaine finance ce projet de 65 millions d’euros à hauteur de 38 millions d'euros pour le bâtiment (auxquels il faut ajouter 7 millions d'euros de fonds européens), et de 20 millions d'euros pour l’accompagnement scientifique. «C’est un projet de recherche fondamentale, mais qui a pour objet des enjeux sociétaux, à savoir la guérison des maladies du vieillissement, comme Parkinson ou Alzheimer» insiste le président du conseil régional, Alain Rousset.

Bientôt des pistes thérapeutiques pour Parkinson

Les travaux de la communauté bordelaise dans ce domaine ont déjà des retentissements mondiaux. «Sur Alzheimer, nous sommes désormais capables de définir chez une personne, dès l’âge de 50 ans, si elle a un risque de développer la maladie, et sur Parkinson nous sommes à l’aube de révéler ce qui est la cause de la mort des neurones, ce qui ouvrira dans quelques années la porte à des pistes thérapeutiques» indique Erwan Bézard. La communauté européenne a ainsi désigné Bordeaux pour accueillir l’Ecole européenne de neurosciences, qui permettra aux neurobiologistes de plusieurs nationalités de venir s’y former.

Les travaux de la communauté bordelaise portent également sur le stress post-traumatique et sur toutes sortes d’addictions, comme celles liées au cannabis.

Un pôle ouvert sur le monde de l’entreprise

Le futur Neurocampus s’ouvrira largement sur le monde de l’entreprise, puisqu’il accueillera également des start-up dans le domaine du médical. «Nous assistons à un véritable bond de ces start-up, indique Alain Rousset. Derrière ce projet partagé avec l’Université de Bordeaux, il y a un objectif d’attractivité économique.»

L’architecture du bâtiment a été confiée au cabinet parisien Vialet Archirecture. «L’ensemble du projet a été construit autour des chercheurs, indique l’architecte. Ce sera un bâtiment de quatre étages ultra-compact, pour qu’il soit efficace en terme de gestion des flux.» La livraison est prévue pour l’été 2016.