Ligue 1: Aux Girondins de Bordeaux, René Girard, coach de Lille, a laissé le souvenir d’un «chic type»

FOOTBALL Avant Bordeaux-Lille, on s’intéresse à l’entraîneur du LOSC qui a passé huit ans en Gironde…

A Bordeaux, Marc Nouaux

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L'entraîneur lillois René Girard le 1er juillet 2014.
L'entraîneur lillois René Girard le 1er juillet 2014. — M.Libert/20 Minutes

René Girard, 60 ans, ce n’est pas que cet entraîneur qui a conduit Montpellier à un titre de champion de France et qui dresse un mur de béton armé à Lille depuis deux ans. Ce n’est pas non plus qu’un type qui se traîne comme un boulet une réputation de paranoïaque ou d’entraîneur qui passe plus de temps en tribune que sur un banc.

Avant tout cela, le coach du LOSC, qui se déplace dimanche à 14 h à Bordeaux, était un milieu de terrain indispensable aux Girondins avec qui il a remporté de nombreux titres. «Un garçon avec qui on pouvait partir à la guerre», rend hommage Marius Trésor, qui l’a fréquenté de 1980 à 1984.

«Un joueur d’une fidélité rare»

Philippe Fargeon, avec qui il a joué de 1986 à 1988, se souvient «d’un joueur d’une fidélité rare avec ses coéquipiers, son club ou son président. A Alès, en demi-finale de Coupe de France, je me fais bien attraper au match aller par les deux défenseurs centraux. René était suspendu. Au retour, il est venu avec moi dans le couloir avant le match, il s’est mis devant les deux et leur a dit, "Si vous le touchez, je m’occupe de vous". Il n’y en a aucun des deux qui a osé me tacler pendant le match.»

«En 1982, lors de France-Allemagne, c’est dommage que dans la composition, il n’y ait pas eu de milieu de terrain comme René Girard (ils n’étaient que cinq remplaçants et lui était en tribunes) quand Patrick Battiston s’est fait sécher par Schumacher, rappelle Trésor. Lui, il aurait maîtrisé Hrubesch (le meneur de jeu allemand).»

Quand Giresse et Lacombe l’accueillent en le chambrant

Même s’il était très dur sur l’homme et avec une réputation de joueur rugueux, «c’était tout sauf un bourrin, plaide en sa faveur Alain Giresse, son capitaine à Bordeaux. Un bon joueur de foot, techniquement habile.»

Et «Gigi» de raconter son arrivée en Gironde, précédée par son image de joueur très dur. «Le jour où il est arrivé à Bordeaux, on était en stage de préparation à Aix-les-Bains. On est à table quand il arrive, on s’est salué gentiment mais ce n’était pas l’exubérance. Au bout de deux jours, quand on avait un peu fait connaissance, Bernard Lacombe vient lui parler à côté de moi et lui dit, "tu sais on est content que tu sois avec nous". "Ha, c’est gentil", a répondu René. "Non, mais c’est surtout que l’on préfère t’avoir avec nous que contre." [rires] A Nîmes, on passait de sales moments face à lui!»

«Il est fiable sur le plan humain»

Cette hargne et ce côté aboyeur, Girard l’a gardé en tant qu’entraîneur. Ce qui lui vaut une image médiatique plutôt négative. Une situation dont il souffre alors qu’il aimerait davantage de reconnaissance pour son travail. «Ça touche toujours un petit peu mais je ne pense pas que ce soit sa préoccupation première, estime Giresse. C’est quelqu’un de bien droit dans sa ligne. Ce n’est pas un tordu ou manipulateur, il est franc du collier et fiable sur le plan humain.»

Fidèle à son «terroir» et à ses racines, entouré à Lille par ses proches (son fils Nicolas et son ami Gerard Bernardet font partie du staff), Girard n’a pas changé depuis son passage à Bordeaux. Et la façon dont il apparaît médiatiquement n’influe pas sur le souvenir qu’il a laissé auprès de ses anciens partenaires. «Pour moi, c’est un chic type», conclut Trésor.