Aquitaine: Sauveteuses en mer, elles vont rallier le Cap Horn à l'Antarctique

SPORT EXTREME Trois athlètes de la région vont parcourir 1.000 km en paddle board à partir de mi-décembre...  

Elsa Provenzano

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Les trois rameuses du projet Cap ô pas cap.
Les trois rameuses du projet Cap ô pas cap. — Grégory Gannieux

Trois athlètes de haut niveau, toutes les trois championnes du monde en sauvetage côtier, se sont fixé un défi incroyable: rallier le Cap Horn à l'Antarctique en paddle board, la planche utilisée pour le sauvetage en mer. Elles partent à la mi-décembre.

Une eau à 2°...

Stéphanie Geyer-Barneix, 39 ans, Alexandra Lux, 29 ans, toutes les deux originaires de Capbreton, et Itziar Abascal, 25 ans, de Santander, partent mi-décembre et vont se relayer pour parcourir les plus de 1.000 km de la traversée avec pour seules rames, leurs bras, dans une eau à 2°... Au travers de leur association Cap ô pas Cap, soutenue notamment par la Région Aquitaine, elles souhaitent mettre ce challenge au service de la protection de l'eau, en sensibilisant les scolaires et en aidant le centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans ses recherches.

«En revenant de la traversée de l'Atlantique Nord en paddle board (en 2009) on est arrivé sur le Golfe de Gascogne où il y avait une quantité incroyable de déchets qui flottaient à la surface : bouteilles, bidons etc.», raconte Stéphanie Geyer-Barnei . Une vision d'horreur pour ces amoureuses de la mer, qui les incite à créer l'association Cap ô pas Cap.

60 kilomètres par jour à parcourir

«Là-bas c'est l'été, la période la plus calme, et en descendant vers l'Antarctique, les jours vont rallonger. C'est bien parce que la nuit on manque de repères visuels sur la planche et on peut avoir le mal de mer», explique Alexandra Lux. Les trois championnes ont d'ailleurs fait un séjour à l'hôpital des armées de Brest pour faire une rééducation de l'oreille interne.

Elles attendront l'accord de Météo France pour quitter le Cap Horn à partir du 15 décembre. Chaque rameuse prendra la planche pendant 1 h 15 et se reposera ensuite pendant 2 h 30 à bord du bateau qui les suit. Les relais se feront sur toute la distance, de jour comme de nuit. L'idée est de parcourir environ 60 kilomètres par jour fin de boucler la traversée en moins d'un mois.

Des conditions extrêmes

Les trois rameuses seront équipées de combinaisons sèches, «qui sont comme des sacs étanches», précise Alexandra Lux. Gants, chaussons et cagoules complètent la tenue. Les athlètes s'entraînent quotidiennement avant le départ: vélo, course à pied, natation, et renforcement musculaire, en plus des entraînements en paddle board, réalisés à Capbreton. Deux traversées tests, de Corse à Monaco en juin et de Lorient à Capbreton en octobre ont aussi permis d'affiner leur préparation.

Une bonne cause

Des projets pédagogiques adaptés au primaire, collège et lycée sont lancés par l'association sur le thème de la sécurité en mer et de la protection de l'eau.Environ 2.000 scolaires vont être concernés, à terme, par ces actions de sensibilisation.

Les rameuses vont aussi prélever des échantillons de particules et microparticules pour le CNRS, notamment pour étudier la concentration de mercure dans l'océan. «On va se déplacer à deux nœuds soit 5 à 6 km / h donc on va en profiter pour prendre des informations», explique Stéphanie Geyer-Barneix.

Tu veux devenir givré?

Pour rejoindre le club des givrés qui soutient financièrement le projet des trois rameuses, c'est par ici.