VIDEO. UMP: Après les sifflets des militants, Alain Juppé réclame des «clarifications» à Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Chahuté samedi à Bordeaux, Alain Juppé souhaite que son parti réaffirme son alliance avec le centre et l’objectif d’une primaire ouverte pour 2017...

Basile Morthymen

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Alain Juppé avant le conseil municipal de Bordeaux.
Alain Juppé avant le conseil municipal de Bordeaux. — B. Morthymen / 20 Minutes

Alain Juppé a pour la première fois ce lundi réagi aux sifflets dont il a été la cible de la part des militants de son propre parti, et sur ses terres, samedi à Bordeaux.

«J'ai vu bien pire»

Il dit ne pas avoir été choqué sur la forme - «en fin de campagne ça s’échauffe toujours un peu, il n’y a pas de quoi en faire un plat. J’ai vu bien pire». Le maire de Bordeaux n’y voit pas non plus «un coup monté». «Pourquoi? Je ne suis pas sûr que cela se retourne à l’avantage de ceux qui ont fait le coup.»

En revanche, il déclare avoir «réfléchi aux messages adressés pendant cette réunion». Certains parmi les 3000 militants de l’UMP venus soutenir Nicolas Sarkozy ont chahuté l’ancien Premier ministre à deux reprises, a rappelé celui-ci: lorsqu’il a demandé «un large rassemblement de la droite et du centre si nous voulons battre la gauche», en 2017, puis quand il a appelé à une «primaire ouverte» pour désigner le candidat à la présidentielle.

«Il faut se rassembler, toute autre stratégie est suicidaire»

«Cette manifestation hostile pose un vrai problème car l’UMP avait été constituée pour cela [l’union de la droite et du centre], a estimé Alain Juppé. Il n’est pas question dans mon esprit d’une fusion-absorption de l’UDI [les centristes pour certains issus de l’UMP], en revanche il faut se rassembler. Toute autre stratégie serait suicidaire.»

Le maire de Bordeaux demande donc une «clarification sur la ligne de l’UMP ou ce qu’elle deviendra» après l’élection de sa présidence le week-end prochain. Et il réitère son exigence d’une «primaire largement ouvertes, où il ne suffise pas d’avoir UMP pour aller voter».

Alain Juppé ne parait pour l’instant pas convaincu par la promesse de Nicolas Sarkozy d’organiser cette primaire, prévue dans les statuts de l’UMP, que l’ex-chef de l’Etat entend réformer.

«Nicolas Sarkozy y a fait vaguement allusion [samedi pendant son discours], il lui appartiendra de faire des propositions» s’il est élu samedi président de l’UMP. Et si les modalités de cette primaire ne sont pas respectées, Alain Juppé suspendra-t-il sa candidature ? «Sûrement pas», prévient-il.