VIDEO. Chute de la fillette dans la Garonne : pourquoi le Parquet ne croit pas à l'accident

JUSTICE Le père de l'enfant de 21 mois qui a chuté vendredi soir dans la Garonne a été mis en examen pour homicide volontaire. Le Parquet explique pourquoi il ne croit pas à ses déclarations...

Elsa Provenzano

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Le procureur de la République de Bordeaux.
Le procureur de la République de Bordeaux. — E.Provenzano / 20 Minutes

Le père de Yumi, la fillette de 21 mois qui a chuté dans la Garonne vendredi soir vers 20 h, soutient depuis le début qu'il s'agit d'un accident.«Nous au parquet nous sommes convaincus qu'il s'agit d'un acte volontaire d'homicide», explique Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux, lors d'une conférence de presse ce lundi.Il a été mis en examen dimanche soir et placé en détention. Le début de l'enquête a apporté plusieurs éléments incitant le parquet à privilégier la thèse de l'homicide volontaire.

Une position dangereuse sur le pont

D'abord, les témoignages des passants, qui ont jugé la position de l'enfant sur le pont extrêmement dangereuse. «Elle avait été assise sur la rambarde, les jambes dans le vide et le dos au pont de pierre», précise le procureur. Au lieu de l'entourer de ses bras, le père avait seulement une main sur sa cuisse et une main sur sa hanche.

Vers 20 h, il y avait peu de lumière et peu de passage. Or l'enfant a été assise , non pas pour regarder vers le miroir d'eau mais de l'autre côté du pont. «Il ne s'agissait pas alors, de montrer à l'enfant les illuminations de la ville», estime le procureur.

Deux cyclistes ont été interpellés par le père après la chute de l'enfant et ils ne l'ont pas trouvé paniqué. Celui-ci n'a pas eu le réflexe de se pencher au-dessus du pont au moment où sa fille tombe et il ne lui est pas venu à l'idée de traverser le pont pour aller dans le sens du courant de la Garonne, après la chute.

«Déclarations contradictoires» du père

«L'attitude du père et ses déclarations contradictoires», ont aussi motivé la décision du  parquet. Il a raconté qu'il tenait l'enfant d'une main puis de deux. «Et on ne comprend pas pourquoi le père a eu l'idée incroyable de poser l'enfant sur la rambarde», souligne Marie-Madeleine Alliot.

Séparé depuis juillet de la mère de l'enfant, le père avait obtenu la garde. Il devait passer prochainement devant un juge des affaires matrimoniales pour que celui-ci statue sur la garde de l'enfant. Il a pris connaissance du rapport de l'enquête social, qui ne lui semblait pas favorable, le 20 novembre, soit la veille du drame.

La préméditation envisagée

«Le juge d'instruction devra aussi s'attacher à rechercher s'il y a eu préméditation, au regard du drame de la séparation et du retrait probable de son enfant», explique le procureur.

Ce drame rappelle bien sûr celui qui s'est déroulé le 11 novembre. Un père avait confié à de passants avoir jeté son nourrisson de quatre mois et demi dans la Garonne. «Il faudra voir si ce drame, qui concerne des faits similaires, a impacté l'esprit de ce père de famille. Dans les deux cas, c'est un drame de la séparation et ces pères n'étaient pas connus de la police ou de la justice», déclare le procureur.