Bordeaux: «Le casque à vélo, c’est ridicule!»

SECURITE Une étude révèle que les Bordelais préfèrent pédaler cheveux au vent...

Elsa Provenzano

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Fanny fait partie des rares cyclistes à porter le casque.
Fanny fait partie des rares cyclistes à porter le casque. — E.Provenzano / 20 Minutes

Le casque ne fait pas beaucoup d’adeptes parmi les cyclistes Bordelais, ils seraient seulement 29% à s’en munir en journée contre 41% à l’échelle nationale, selon l’étude réalisée par Opinionway pour l’assureur MMA et révélée en exclusivité par 20 Minutes.

Infographie sur les comportements à risque des cyclistes. - OpinionWay pour MMA

« Je me vois mal arriver au travail décoiffée »

«Je fais du vélo tous les jours et je ne veux pas m’encombrer d’un casque. Je ne me sens pas du tout en danger. Quelle horreur s’il devenait une obligation !», estime Michel, 65 ans. Il porte une bandelette réfléchissante sur chaque cheville mais c’est avant tout pour ne pas salir le bas de son pantalon.

Reza, 41 ans et Perrine, 37 ans, font beaucoup de deux-roues. Lui en moto et elle en vélo sur route. Deux activités pour lesquelles ils estiment le casque indispensable, mais en ville ce n’est pas pareil. «On roule tranquillement, sur les trottoirs ou sur les quais. Et je me vois mal arriver au travail décoiffée. Non, le casque c’est pour nos enfants !», explique Perrine. «Ca ne sert à rien et c’est vraiment ridicule côté esthétique, je suis anti-casque à vélo et je le resterai », renchérit vivement Reza.

« Je ne comprends pas que le port du casque ne soit pas obligatoire »

Fanny, 26 ans, fait partie de la minorité des Bordelais qui ont pris l’habitude de munir d’un casque. «J’ai fait une chute à vélo qui m’a valu une fracture de l’humérus, mes roues se sont coincées sur les rails du tram», raconte t-elle. Il  faudra environ un an à cette étudiante infirmière pour se remettre en selle, après cette expérience traumatisante. «Et maintenant, si je fais du vélo sans casque, c’est comme si je n’avais pas de ceinture au volant», explique t-elle.

Son amie Gwenaëlle, 23 ans, préfère rouler cheveux au vent. «Le casque, ça tient chaud, ce n’est pas agréable et pas très esthétique», estime t-elle. «C’est vrai que ce n’est pas glamour mais moi je m’en fous!», rétorque Fanny, qui s’équipe aussi de lumières et d’un gilet réfléchissant à la nuit tombée. «Je ne comprends pas que le port du casque ne soit pas obligatoire», conclut la jeune femme.

«Une contrainte évidente»

«Le casque ne doit pas devenir obligatoire, on peut le porter si on le souhaite mais c’est une contrainte évidente ! Derrière cette obligation il y a le lobby automobile qui voit bien que le vélo prend des parts de marchés à la voiture. Dans les villes qui ont rendu le casque obligatoire, la pratique a baissé de façon significative», explique Alain Guérineaud, président de l’association Vélo Cité, à Bordeaux.

Pour l’association, il semble plus intéressant de mettre l’accent sur l’éclairage du vélo et le port de vêtements réfléchissants pour améliorer la sécurité des cyclistes.