Des donneurs au compte-gouttes

PROCREATION Moins de dix donneurs de sperme par an. C'est ce qu'enregistre le Centre d'études et de conservation des...

Marion Guillot

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Moins de dix donneurs de sperme par an. C'est ce qu'enregistre le Centre d'études et de conservation des oeufs et du sperme (Cecos) du CHU de Bordeaux, en moyenne, depuis une dizaine d'années. « Aucun ne s'est présenté depuis début janvier », déplore Aline Papaxanthos, médecin au service de biologie de la reproduction. Elle tire la sonnette d'alarme : « L'inquiétude grandit, car nous voyons les stocks de paillettes [sperme congelé] diminuer. De plus, la qualité du sperme baisse d'année en année. »Face à cette pénurie de volontaires, observée dans toute la France, le Cecos peine à satisfaire la demande : « 70 à 90 nouveaux couples de demandeurs se présentent chaque année », ajoute Aline Papaxanthos. Le délai d'attente est ainsi de 12 à 18 mois pour un don de sperme et de deux ans pour un don d'ovules. Les femmes semblent plus enclines à donner. Elles sont environ une vingtaine, chaque année, à entamer la démarche auprès du Cecos. Et ce, malgré un processus plus contraignant : « Les donneuses subissent une stimulation ovarienne pendant quinze jours, de sorte à produire six à huit ovules en une fois. Ils sont ensuite ponctionnés sous anesthésie générale », décrit le docteur Papaxanthos. Une motivation qui peut s'expliquer notamment par « l'envie de faire partager la joie d'une grossesse ». Plus inattendu, le personnel du Cecos constate un « effet Internet » : « Les sites féminins de discussions permettent de faire passer le message et de motiver les donneuses », note Volcy Soula, biologiste.

profil Pour donner, il faut être père ou mère d'un enfant, avoir moins de 37 ans pour les femmes et de 45 ans pour les hommes. Les donneurs doivent être en bonne santé. Le don est anonyme et gratuit.