VIDEO. Willy Sagnol: «Si j’ai pu faire que des personnes soient choquées ou humiliées j’en suis désolé»

FOOTBALL Le coach des Girondins de Bordeaux s'est exprimé pour la première fois depuis le début de la polémique...

Marc Nouaux

— 

L'entraineur de Bordeaux Willy Sagnol lors d'une conférence de presse à Le Haillan, le 21 août 2014
L'entraineur de Bordeaux Willy Sagnol lors d'une conférence de presse à Le Haillan, le 21 août 2014 — Nicolas Tucat AFP

Willy Sagnol était attendu. Devant plusieurs dizaines de journalistes présents au Haillan, ce jeudi après-midi, l’entraîneur des Girondins, au cœur de la polémique après ses propos sur les footballeurs africains, a répondu d’un ton grave. Lisant ses notes, Sagnol s’est livré à une explication préparée, afin d’éclaircir la situation, sous le regard de Nicolas De Tavernost, le président du directoire de M6 et actionnaire majoritaire des Girondins, et de Jean-Louis Triaud, le président du club. Les deux dirigeants ne se sont pas exprimés mais étaient simplement présents pour «soutenir leur entraîneur».

«Si par mon manque de clarté et ma sémantique imparfaite j’ai pu faire que des personnes soient choquées humiliées ou blessées, j’en suis désolé, a d’abord expliqué Sagnol. L’interprétation que ces personnes ont pu faire ne reflète en rien la pensée qui était mienne et surtout mes convictions humanistes.»

«Jamais eu de problème avec qui que ce soit»

«Le débat était uniquement sportif, nullement politique ou sociétal, a-t-il poursuivi. Lorsque j’ai parlé de l’Africain moins cher, prêt au combat, je voulais seulement parler du jeune joueur africain qui arrivait en Europe avec toute sa volonté de réussir et souvent pour échapper à une situation précaire. Ensuite, étant donné que nous étions sur un débat sur le football, l’intelligence que j’ai évoquée, est bien évidemment, l’intelligence tactique.

La formation des jeunes joueurs en Afrique, certainement par manque de moyens financiers ou de structures, ou d’infrastructures, n’est pas toujours aussi complète que celle dispensée en Europe. Je n’ai en aucun cas voulu parler de l’intelligence au sens propre du terme des individus. Concernant les accusations de racisme dont j’ai pu faire l’objet, j’ai 37 ans j’en ai 32 passées dans un vestiaire de football, je n’ai jamais eu de problèmes avec qui que ce soit.»

Un gros tacle sur Thuram

Sagnol s’est-il senti blessé par cette agitation médiatique? «Oui, certainement autant que ceux qui ont pu mal interpréter mes propos, a-t-il répondu, ne souhaitant pas alimenter la polémique avec Lilian Thuram qui l’avait critiqué mardi, tout en lui glissant un petit tacle. «Je ne ferai pas de commentaires. Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas entendu, la dernière fois ce n’était pas pour des bonnes choses.»

«Que ce soit des gens du foot des gens d’autre sport, des gens de la presse, du monde politique, j’ai reçu un nombre incalculable de soutien me disant tous la même chose avec des mots différents "nous ne comprenons pas cette polémique". Forcément, quand en l’espace de 48 heures, vous recevez par mail, sms, téléphone, plus d’un millier de soutiens, c’est que vous n’êtes pas une mauvaise personne.»

Après son intervention, conclue par une lecture d’un blog datant de 2012 de Patrick Mboma, ancien international camerounais, et évoquant des propos sensiblement identiques à ceux qu’il a prononcés lundi.

Après Sagnol, deux joueurs se sont présentés en conférence de presse pour également soutenir leur entraîneur. «Pour ma part, je connais très bien le coach, je sais ce qu’il a voulu dire il n’y a plus de débat.» «Le coach s’est expliqué et je pense que tout le groupe le soutient», a également précisé Nicolas Pallois. «Parlons foot», a conclu Sertic, dans un grand sourire.