Bordeaux: La fédération des motards en colère… contre la préfecture

SECURITE L’association reproche notamment aux services de l’Etat un manque de précision dans ses chiffres sur la sécurité routière concernant les deux roues motorisés…

Mickaël Bosredon

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Les motards conduisant des grosses cylindrées ne seront finalement pas obligés de porter un équipement rétro-réfléchissant: le texte qui imposait cette obligation, prévu pour entrer en vigueur mardi, a été abrogé le même jour par un autre arrêté publié au Journal officiel (JO).
Les motards conduisant des grosses cylindrées ne seront finalement pas obligés de porter un équipement rétro-réfléchissant: le texte qui imposait cette obligation, prévu pour entrer en vigueur mardi, a été abrogé le même jour par un autre arrêté publié au Journal officiel (JO). — Jean-Francois Monier afp.com

Rien ne va plus entre la Fédération des motards en colère (FFMC) et la préfecture. C’est une réunion le 28 octobre qui a mis le feu aux poudres. «La préfecture a affirmé par la suite que nous nous étions associés aux décisions de renforcement des contrôles à l’encontre des deux roues motorisés, s’emporte Loïc Prud’homme, de la FFMC 33. Nous ne cautionnons pas cette stratégie, qui ne sert en rien l’amélioration de la sécurité envers les deux roues.»

Chiffres contestés

La FFMC conteste aussi les chiffres présentés par les services de l’Etat. Ces derniers font état de 17 conducteurs de deux roues motorisés décédés depuis le début de l’année, soit un tiers des victimes, contre 24 % à l’échelle nationale. «Soit, mais quelle est la proportion de 50 cm3, 125 cm3 et gros cubes, quel est l’âge des victimes, interroge Loïc Prud’homme. Et si la proportion est plus forte en Gironde, c’est peut-être parce qu’il y a plus de motos qu’ailleurs… Comment mener une action efficace si l’on n’a pas ces réponses?» La FFMC a décidé de «cesser les discussions avec la préfecture.»

Dans son communiqué du 29 octobre, la préfecture indiquait que le préfet Michel Delpuech, avait réuni «les représentants des associations de motards, les forces de l'ordre, les gestionnaires de réseaux ainsi que les services de l'Etat, pour mieux analyser et comprendre la situation (…) Les échanges ont contribué à consolider le travail de partenariat entre les associations et l'Etat ainsi qu'à à la mise en place de nouvelles initiatives telles que la participation des associations de motards à des actions de sensibilisation sur les différents lieux d'accidents ; l'accès à leurs membres à des formations d'analyse de l'accidentologie ; leur intégration aux équipes d'enquête (enquêtes flash, enquêtes comprendre pour agir) ; la continuité du partenariat entre les associations et la direction interdépartementale des routes Atlantique pour améliorer le balisage, le marquage au sol et la chaussée de la rocade de Bordeaux.»

Le préfet a aussi donné consigne «aux forces de l'ordre (police, gendarmerie, CRS) pour que soient mises en place des opérations de contrôles coordonnées et visibles, particulièrement en zone urbaine (axes principaux de l'agglomération bordelaise, rocade de Bordeaux, bassin d'Arcachon).»