Bordeaux: Le site Castéja va enfin reprendre vie

URBANISME La signature de la cession du site Castéja à Bordeaux a été réalisée ce vendredi. Un vaste projet mixant immobilier et services va y être développé…

Mickaël Bosredon
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La cour intérieur du site Casteja, où la nature a repris le dessus
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La cour intérieur du site Casteja, où la nature a repris le dessus — M.BOSREDON

C’est fait. Gironde Habitat est devenu ce vendredi propriétaire du site Castéja à Bordeaux, à l’issue de la signature de l’acte notarié qui s’est fait en présence du secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert. La cession de ce site par la préfecture, pour douze millions d’euros, est la première en France dans le cadre de la loi sur la décote du foncier public, dispositif de l’Etat qui doit permettre de mobiliser le foncier dont elle dispose dans les grandes villes, pour relancer la construction de logements, notamment sociaux. Dans le cadre de Castéja, une décote d’un tiers de la valeur du bien a été appliquée.

Beaucoup de membres et de représentants d’associations de sourds et muets étaient aussi présents pour cet événement. Castéja, avant d’abriter les services de la préfecture et l’hôtel de police de Bordeaux (jusqu’en 2002), a d’abord été un institut pour jeunes filles sourdes, sous l’impulsion de l’Abbé de l’Epée, à l’initiative de la construction de ce domaine en 1862.

«Faire vivre la mémoire du lieu»

«L’écho à notre mission sociale est évidemment très fort et on souhaite lui donner une traduction dans ce projet urbain, a insisté Sigrid Monnier, directrice générale de Gironde Habitat: dans les programmes de logement social nous ferons attention à proposer des habitations adaptées aux personnes sourdes. Nous commençons également à discuter avec les associations pour qu’il y ait un local permettant aux personnes sourdes de se réunir et faire vivre la mémoire du lieu, et pour qu’il y ait sur place quelqu’un qui parle le langage des signes. Concernant la chapelle et la cour d’honneur du site, nous veillerons à ce que des ouvertures culturelles à destination des personnes sourdes soient maintenues.»

Fouilles archéologiques

Le projet urbain prévoit un quart de logements sociaux (PLAI), un quart de logements modérés (PLS/et résidence sociale à destination des jeunes), un quart de logements libres, et un quart d’équipements, dont une école maternelle, une résidence hôtelière, et des locaux associatifs.

Un parking souterrain sera également construit à l’arrière du site. Des travaux qui pourraient être ralentis si les fouilles archéologiques préventives sont probantes, ce qui est envisageable dans un quartier où plusieurs vestiges antiques ont déjà été mis au jour.

«Allier qualité architecturale et mixité de la population»

«C’est un site d’exception au cœur de Bordeaux, a indiqué Martine Jardiné, présidente de Gironde Habitat et vice-présidente du conseil général,  avec de multiples enjeux comme celui d’allier qualité architecturale et mixité de population. Il y a aussi un enjeu d’intégration dans le quartier, puisque depuis quatre ans ce lieu est vide, et avec une école maternelle, une résidence sociale et une résidence hôtelière, c’est un site qui vivra. Il y a enfin l’enjeu de la mise en valeur de ce monument historique et la volonté que vive la mémoire de ce site.»

L’investissement devrait être de l’ordre d’une cinquantaine de millions d’euros. Les travaux devraient être achevés courant 2020.