Bordeaux: L'Inra fait appel au grand public pour recenser les insectes invasifs

INNOVATION L'Inra Bordeaux-Aquitaine recense déjà plusieurs centaines de données depuis le lancement de son application grand public, permettant de cartographier les insectes invasifs...

Mickaël Bosredon
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Des frelons asiatiques chassent devant une ruche d'abeilles (Archives).
Des frelons asiatiques chassent devant une ruche d'abeilles (Archives). — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

On appelle cela de la science participative. L'Inra Bordeaux-Aquitaine développe depuis le mois de février une application, intitulée Agiir (Alerter & Gérer les Insectes Invasifs et/ou Ravageurs), qui permet aux particuliers de faire remonter aux scientifiques des informations sur l'évolution d'insectes invasifs, frelon asiatique et chenille processionnaire du pin. «Depuis un mois, à la demande de l'Inra-Montpellier, nous lui avons ajouté la punaise diabolique», explique Dominique Blancard, chercheur à l'unité Save (Santé et agroécologie du vignoble), et développeur de cet outil avec Jean-Marc Armand.

«Nous avons déjà eu plusieurs centaines de données qui nous sont remontées, et cela nous a permis d'établir une belle cartographie pour le frelon et la chenille. Nous avons même découvert cette dernière dans le Nord de la France, où nous ne l'avions pas encore recensée» explique Dominique Blancard. L'application a été téléchargée près de 1.500 fois depuis février, et quelque 660 sont encore actives.

«Certains particuliers sont passionnés»

L'interface propose de remplir une fiche signalétique de l'insecte, et d'envoyer une photo. «Nous sommes épatés par la qualité des clichés qui nous sont envoyés, et globalement par la fiabilité des informations. Certains sont vraiment passionnés, et nous invitent même à recenser d'autres insectes!»

Cette technologie est d'un grand secours pour les scientifiques, qui ne peuvent évidemment pas quadriller tout le territoire. «Nous sommes au début d'une expérience, et nous ne savons pas encore jusqu'où cela peut aller. Mais aux Etats-Unis il existe déjà des applications de ce type, et elles marchent très bien. Le public se sent concerné, car lui aussi est exposé à ces insectes invasifs.»

Agiir est pour l'instant disponible sous Androïd, mais le sera pour Iphone «d'ici un mois.»