Bordeaux: Une application smartphone pour traquer la punaise diabolique

INNOVATION L'Inra a lancé une application pour permettre de répertorier l'évolution du frelon asiatique, de la chenille processionnaire et... de la punaise diabolique...

Mickaël Bosredon
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Punaise diabolique
Punaise diabolique — Jean-Claude Streito-Inra

L'Inra (Institut national de la recherche agrnomique) a lancé récemment une application smartphone ouverte au public, pour permettre de traquer les invasifs, comme le frelon asiatique et la chenille processionnaire du pin. Téléchargeable gratuitement sur la plateforme GooglePlay, elle permet de photographier l’insecte et d’envoyer depuis son smartphone ou une tablette la photo et la position GPS directement dans la base de données, où les informations sont vérifiées et intégrées.

Dénommée Agiir (Alerter et Gérer les Insectes Invasifs et/ou Ravageurs) elle a été développée par l'Inra-Bordeaux-Aquitaine:

 

 

Le public va pouvoir ajouter à son tableau de chasse sur cette appli un nouvel insecte invasif: la punaise diabolique. C'est «un ravageur des cultures d’origine asiatique, présent sur de larges territoires aux USA, et qui menace d’envahir l’Europe», nous apprend l'Inra ce jeudi.

«Risque sanitaire important»

«Le risque sanitaire est pris très au sérieux par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), qui a réalisé en 2014 une analyse de risques montrant les dangers de cette punaise pour des cultures importantes en France: arboriculture, viticulture, maraîchage, etc. Cette punaise est très polyphage et cause de gros dégâts aux États-Unis. Un premier foyer a été détecté en Suisse en 2007, et en France, en Alsace, en 2012.»

Inviter le public à la détection de cet insecte «est d’autant plus important que nous ne pouvons pas surveiller l’ensemble du territoire, en particulier les propriétés privées, nous avons donc besoin de la participation des citoyens pour localiser la punaise diabolique et suivre sa progression en France», explique Jean-Claude Streito, entomologiste au Centre de biologie pour la gestion des populations, sur le site de l'Inra.

«Nous avons pris un an de retard dans la détection de cet insecte, poursuit-il, car les spécimens récoltés en 2012 en Alsace ont été confondus avec une espèce de punaise européenne. Ce n’est qu’en 2013 qu’ils ont été identifiés correctement.»