Top 14: Raphaël Ibanez «a choisi de ne pas s'exprimer» sur son avenir avec le XV de France

RUGBY Le manageur de Bordeaux-Bègles se confie sur sa vie de manageur mais ne veut pas évoquer la succession de Philippe Saint-André…

Propos recueillis par Marc Nouaux
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Raphaël Ibanez prend la pose dans le stade Moga de Bègles, le 27 octobre 2014.
Raphaël Ibanez prend la pose dans le stade Moga de Bègles, le 27 octobre 2014. — M. Nouaux / 20 Minutes

Raphaël Ibanez pourrait être le futur sélectionneur du XV de France. Le manageur de l’Union Bordeaux-Bègles, 3e du Top 14, a ce profil de rassembleur et de fédérateur. Deux ans et demi après son arrivée en Gironde, où il vit sa première expérience sur un banc de touche, le Landais raconte son évolution.

En quoi avez-vous fait évoluer votre management en deux ans et demi?

J’essaye d’anticiper en permanence, d’avoir un coup d’avance sur les autres équipes dans la préparation des matchs. Cela a été une de mes premières leçons à l’issue de ma prise de fonction. C’est un élément que je n’avais pas pris en compte, je pensais qu’avec mes propres principes liés au haut niveau et ma vision du rugby, j’aurais une marge de manœuvre suffisante et ça n’a pas été le cas.

Dans vos conférences de presse, vous avez toujours ce souci de maîtrise de la communication…

J’ai cette idée que l’exigence, c’est de ne pas être pris en défaut et pouvoir choisir. Etre maître de ses mots, de ses actes, et j’aime bien aussi, dans les conférences d’avant-match, transmettre aux joueurs ma force intérieure face aux événements.

Faîtes-vous partie de ces manageurs superstitieux?

J’essaie de casser ces clichés mais ce n’est pas toujours facile. Le vendredi à la mise en place, par exemple, j’aime bien me positionner sous les poteaux tout seul et regarder l’entraînement, intégrer des choses, j’ai des pensées… Ça ne sert à rien pourtant [il sourit]. C’est un moment aussi que je prends pour moi, c’est plus un rituel qu’une superstition

Comment gérez-vous la pression liée à votre poste?

Il y a une chose que je n’avais pas mesurée, c’est l’énergie que ça demande. C’est un engagement au quotidien donc ça me plaît, car ça correspond à mon caractère un peu fonceur et kamikaze. C’est un côté que je retrouve dans mes activités hors-rugby, le ski, le surf. Etre en prise avec les éléments car ça te rend humble. Quand tu te retrouves dans les massifs montagneux, dans l’océan, avec des houles de 2,50 mètres, ça t’apprend à contrôler au mieux ton comportement et tes attitudes. Je suis dans la recherche de sensations et j’ai besoin de ça pour m’aérer l’esprit.

Vous faîtes partie des manageurs susceptibles de remplacer Philippe Saint-André à la tête du XV de France…

Je n’ai pas de commentaires à faire sur ce qui peut se préparer ou se dire. J’ai choisi de ne pas m’exprimer sur le sujet. Ce qui compte pour moi, c’est que l’équipe ne laisse pas indifférente et que les joueurs soient récompensés de leurs efforts.

Comme on voit de plus en plus de joueurs de l’UBB avec les Bleus, on se dit que le staff pourrait aussi être courtisé…

Peut-être… mais aujourd’hui il y a des gens en place au plus haut niveau qui pensent et qui réfléchissent à ça.