Bordeaux: Comment l’UBB parvient-elle à garder ses cadres malgré son petit budget?

RUGBY Alors que l’on est entré dans la phase de négociations pour la saison prochaine, l’Union et son président ont toujours de bons arguments…

Marc Nouaux

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Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT — AFP

Cela surprend toujours les non-initiés. La première trêve européenne de l'année est celle où les agents et les présidents de club se rencontrent. Dix mois avant la nouvelle saison, on commence déjà à bosser sur le profil de sa future équipe. Ainsi, l’ouvreur de l’UBB, Pierre Bernard, en fin de contrat en juin prochain, serait sur les tablettes de Toulon. Son président, Laurent Marti, devra encore faire preuve d’arguments pour le conserver, lui qui a quasiment toujours su garder ses cadres.

«On ne joue pas dans la même catégorie que les gros», rappelle-t-il souvent. Pourtant, depuis la remontée du club en Top 14 en 2011, seuls quatre joueurs sont partis alors qu’ils avaient une prolongation en main (Leo, Purll, Lopez et Forbes). Les autres, Connor, Avei, Adams ou encore Talebula, ont tous prolongé alors qu’on leur proposait des salaires beaucoup plus élevés ailleurs.

«Une forme de reconnaissance pour les joueurs qui se sont révélés ou relancés à Bordeaux»

«On a une vision à moyen et long terme, estime l’entraîneur des arrières, Vincent Etcheto. Je crois que cette vision-là est claire et nette et se dégage auprès des joueurs. Ca devient du solide et même si beaucoup de joueurs misent sur l’épaisseur du contrat, ils misent aussi sur cette qualité de vie. Elle y est dans le club et aussi dans la région.»

«Pour moi, c’est un ensemble de choses, analyse Pierre Anglade, agent de joueurs proche du club. Déjà, beaucoup se sont fait connaître ou ont rebondi ici, et il y a peut-être une forme de reconnaissance. Surtout, il y a un style de jeu qui fait qu’à Bordeaux, les joueurs savent qu’ils sont mis en valeur. Ensuite, la bonne ambiance est connue de tout le monde, et le club et la ville sont très attractifs.»

«Plus de libertés et un état d’esprit qui est resté le même depuis la Pro D2»

Ricky Davies, ex-joueur de l’UBB, resté proche de tous les Anglo-saxons du groupe, évoque un autre facteur. «A Bordeaux, il y a peut-être plus de libertés qu’ailleurs. Ce n’est pas décontracté, c’est très sérieux mais les joueurs se gèrent comme ils le veulent. Et l’ambiance dans ce groupe est super. Après la montée en Top 14, on a crée une ambiance et elle est restée la même grâce à Laurent Marti qui a su rester sage dans le recrutement de ses entraîneurs et de ses joueurs pour garder cet état d’esprit.»

De tels arguments paraissent crédibles sur le court terme mais à la longue, les joueurs pourraient aussi penser simplement à leur carrière. «Aujourd’hui la donne est un peu différente, nuance Anglade. Sur les salaires moyens, l’UBB peut s’aligner. Et peut-être qu’en jouant la Champions Cup l’an prochain, le président pourra se payer un ou deux joueurs à très gros salaire.» «On est dans l’ascenseur qui est en train de monter», image Etcheto. Une manière de rappeler que bientôt, Laurent Marti aura peut-être d’autres arguments que l’affectif pour convaincre ses joueurs de rester. Même si le cadre de vie, au plus haut niveau, ça compte encore.