Aquitaine: Un film philippin tourné avec un drone par une société bordelaise

CINEMA La société Athenium Films, spécialisée dans la prise de vue par drone, et basée à Bordeaux, a participé durant deux jours au tournage d’un film dans la campagne girondine…

Mickaël Bosredon

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Pascal Anquetil pilote le drone et Lilian Marolleau commande la caméra. 
Benito Bautista, le réalisateur, regarde le moniteur video pour vérifier la scène
Pascal Anquetil pilote le drone et Lilian Marolleau commande la caméra. Benito Bautista, le réalisateur, regarde le moniteur video pour vérifier la scène — Athenium Films

La rencontre s'est faite au cours du festival international du film indépendant (Fifib), qui se tenait du 7 au 12 octobre à Bordeaux. Pascal Anquetil, directeur d'Athenium Films, société de production qui propose des tournage à l'aide de drones, et installée sur le site de Bordeaux-Technowest à Mérignac, a croisé les producteurs de Dublin Films.

«Ils nous ont fait rencontré le réalisateur philippin Benito Bautista qui avait programmé trois jours de tournage dans la campagne bordelaise pour son film The Remains of paradise, explique Pascal Anquetil. Nous leur avons dit que nous étions disponibles pour y participer avec l'un de nos drones.» C'est comme cela que l'équipe d'Athenium s'est retrouvée le week-end dernier à Saint-Genès-de-Lombaud, entre Saint-Caprais et Créon.

«Aucune autre machine ne peut faire cela»

Athenium est intervenue à deux reprises sur le tournage de The Remains of paradise. «Nous avons suivi une femme et son fils en train de faire du vélo dans la campagne bordelaise, sur 150m, et à une hauteur comprise entre 10m et 40m, en «top shot», c’est-à-dire en plongée pure avec un Exacopter, qui est un engin très léger permettant plusieurs mouvements de caméra sur les trois axes, explique Pascal Anquetil. L’attrait du drone, c’est qu’aucune autre machine ne peut faire cela. Mais le drone ne remplace pas la grue pour autant, car il est incapable de faire un plan fixe à un mètre du sol.»

Le réalisateur «très surpris des capacités du drone»

Le temps était parfait, même si un vent de 15-20 km/h a légèrement perturbé l’appareil, et le site «magnifique», raconte Pascal Anquetil. «C’est très vallonné, très esthétique comme endroit.» Pour ce tournage, il n’y avait pas besoin d’autorisation, «car nous sommes en catégorie S1, c’est-à-dire hors zone peuplée. Nous avons une grande latitude pour voler dans ces lieux, ce qui n’est pas le cas en zone urbaine.»

Le réalisateur a lui été convaincu. «Il a été très surpris des capacités du drone», assure Pascal Anquetil. «Le cinéma utilise encore assez peu le drone, contrairement à la télévision, précise-t-il. Avec Athenium, nous ne faisons guère qu’un tournage par mois pour le cinéma.» La société avait notamment participé au tournage d'une scène de Lucy, de Luc Besson. Le coût pour une journée d’utilisation d’un drone est de 3.400 euros, «mais le tarif est dégressif en fonction du nombre de jours de tournage».