Bordeaux : Les catholiques traditionalistes ont perdu leur procès contre «Les Infiltrés»

JUSTICE Les journalistes de France 2 ont gagné ce jeudi le procès qu'on leur avait intenté en diffamation contre un reportage en caméra cachée de l'émission les «Infiltrés», intitulée «A l'extrême droite du Père»...

E.P. avec AFP

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Le curé de Saint-Eloi Yannick Vela, l'abbé de l'Institut du Bon Pasteur Philippe Laguerie, et leur avocat, au palais de justice de Paris le 11 septembre 2014.
Le curé de Saint-Eloi Yannick Vela, l'abbé de l'Institut du Bon Pasteur Philippe Laguerie, et leur avocat, au palais de justice de Paris le 11 septembre 2014. — K.TRIBOUILLARD/AFP

Suite à la diffusion sur France 2, dans le cadre de l'émission «Les infiltrés», du reportage en caméra cachée «A l'extrême droite du Père», les catholiques visés avaient porté plainte pour diffamation contre quatre journalistes, dont le présentateur David Pujadas et le fondateur de l'agence Capa Hervé Chabalier. Ils ont tous été relaxés, ce jeudi, par le tribunal correctionnel de Paris.

La «bonne foi» des journalistes retenue

Le reportage diffusé par France 2 en avril 2010 montre un groupuscule d'extrême droite, Dies Irae, dirigé par un ancien militant du Front national, et fait un lien avec le milieu catholique traditionaliste, représenté à Bordeaux par l'Institut du Bon pasteur, dirigé par l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l'église intégriste Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris.Les propos visés ont été jugés soit non diffamatoires, soit diffamatoires mais le tribunal a reconnu la «bonne foi» des journalistes, a expliqué la présidente Anne-Marie Sauteraud.

Une émission d'«utilité publique» selon Pujadas

«Fier» de cette émission, son présentateur David Pujadas avait expliqué à la barre le 11 septembre que la caméra cachée permettait de «faire la différence entre le discours officiel et la réalité des faits», pour  rendre compte d'une réalité qui est cachée». Pour le journaliste, cette émission a «une utilité publique». Le rédacteur en chef et le journaliste «infiltré» avaient tous deux évoqué les menaces de mort dont ils ont fait l'objet après l'émission.

L'abbé Laguérie a accusé le journaliste d'«amalgame», de mensonge et avait assuré qu'il ne connaissait rien de Dies Irae avant l'émission.Reconnaissant un «lien moral» avec l'école, il avait expliqué qu'il ne l'avait pas fondée, condamnant «fermement» les propos antisémites tenus dans les couloirs de l'établissement.