Bordeaux: La ville va renégocier avec Vinci pour le parking des Grands Hommes

FINANCES Le maire de Bordeaux a annoncé que des discussions étaient entamées avec l’industriel sur le dossier du parking des Grands Hommes, qualifié de «scandale financier» par le groupe PS…

Mickaël Bosredon

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A Bordeaux, le 21 septembre 2014- les elus socialistes denoncent le traite de concession du parking des Grands Hommes conclu entre la Ville et Vinci.
A Bordeaux, le 21 septembre 2014- les elus socialistes denoncent le traite de concession du parking des Grands Hommes conclu entre la Ville et Vinci. — E.Provenzano / 20 Minutes

Finalement, la ville de Bordeaux va renégocier la délégation de service public avec Vinci concernant le parking des Grands Hommes. Alain Juppé l'a annoncé en direct du conseil municipal, qui se tient ce lundi. Le groupe PS avait dénoncé il y a quelques jours ce contrat -qui était examiné lors de la séance- estimant qu’il était beaucoup trop favorable à Vinci, et pas du tout à la mairie de Bordeaux.

«Pour l’année 2013, le groupe Vinci a perçu 732.000 euros de bénéfices sur ce contrat, et la ville… 152 euros de droit d’occupation du domaine public», a rappelé Nicolas Guenro, du groupe PS, lors de la séance du conseil. «152 euros, je croyais au début que c’était la somme pour une place. Mais non, c’est bien celle pour le parking entier» s’est étranglé l’élu.

«Un contrat dans lequel l’industriel ne prenait aucun risque»

Il estime à 7,3 millions d'euros le bénéfice net cumulé par l'opérateur privé sur la période 1988-2013. Ce parking fait en effet l’objet d’un contrat sur trente-trois ans, depuis 1988, entre Vinci et la ville. «L’industriel ne prenait aucun risque dans ce contrat, a encore souligné Nicolas Guenro, puisqu'il prévoit, en cas de recettes inférieures aux objectifs, que la ville paye la différence.» Ce ne fut de toute façon pas le cas, bien au contraire: le taux de remplissage du parking a dépassé les objectifs. «Si bien que pour Vinci, le parking était déjà amorti au bout de dix ans.»

L’adjoint aux Finances Nicolas Florian (UMP) a redonné la position qu’il avait déjà exprimée sur le sujet: «C’est le groupe Vinci qui a réalisé l’investissement de départ. Dans ce type de contrat, on amortit beaucoup au début, et on gagne de l’argent sur la fin. Et cela n’a pas coûté un centime à la ville.» Et Alain Juppé de préciser que l’investissement de l’industriel a été de «6,5 millions d’euros» pour la réalisation du site.

«Nous discutons d’une transaction qui sera très avantageuse pour la mairie»

Matthieu Rouveyre (PS) a de son côté attaqué la majorité, l’accusant de ne pas «défendre l’intérêt des Bordelais» dans ce dossier. «Ce n’est pas Vinci qui vous a élu. Il faut réfléchir à reprendre ce contrat.»

Alors que le ton des débats montait d’un cran, Alain Juppé a pris tout le monde de court en annonçant que la ville allait précisément «renégocier ce contrat.» Personne dans la majorité n'avait pourtant évoqué cette option ces derniers jours. «Cela fait plusieurs mois que nous négocions sur ce sujet avec Vinci» a cependant assuré le maire. «La mairie est désormais propriétaire du parking, et nous discutons d’une transaction avec Vinci, qui sera très avantageuse pour la municipalité» a révélé Alain Juppé. Transaction qui sera présentée lors du prochain conseil municipal, a-t-il promis.