Bordeaux: L’UBB s’est invitée chez les grands avec un groupe homogène, étoffé et sans stars

RUGBY Quatrième de Top 14 après trois réceptions et trois déplacements, l’Union a franchi un palier en termes de qualité d’effectif…

Marc Nouaux

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Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT — AFP

Quatrième de Top 14 après son succès à La Rochelle, l’UBB s’est invitée à la table des grands. «Non, ça fait un peu pique-assiette, sourit Vincent Etcheto, l’entraîneur des arrières. On n’est pas le petit chez les grands. On est à notre place, on est un club moyen qui arrive à vivre des moments grandioses et qui des fois retombe dans le moyen moins.

On finit huitième l’an dernier, c’est logique, on grandit petit à petit mais on n’est pas dans la cour des grands. Disons qu’on n’est pas à la même table, on se contente de manger dans la cuisine et de temps en temps, on fait des petites entrées dans le salon… ça devient agréable [sourires].»

«Pas d’exceptionnel mais une concurrence plus forte»

Dans ce succès, la qualité du recrutement opéré par le président, Laurent Marti, tient une grande part de responsabilité. «Il y a des joueurs qui ont été internationaux ou qui sont proches du niveau international, qui connaissent bien le rugby français, il y a beaucoup de JIFF dans notre recrutement, avait analysé le président en début de saison. Il n'y a pas d'exceptionnel mais la rotation pourra s'effectuer avec une concurrence plus forte, ce qui en général porte un groupe.»

Effectivement, l’Union ne compte pas de stars mais un effectif très cohérent et homogène, où les joueurs sont interchangeables, de qualité égale, quels que soient les postes, à l’image de la présence des tauliers, Avei ou Clarkin, sur le banc lors du coup d’envoi à La Rochelle. «Ce sont tous des joueurs de haut niveau, s’enthousiasme Etcheto. C’est un luxe que l’on n’avait pas les autres années. On met une équipe compétitive, avec des joueurs, ou revanchards ou en pleine forme. A chaque fois, on essaie de trouver cet équilibre et de garder une homogénéité.»

«Leur faire comprendre qu’ils ne joueront pas tous les week-ends»

Conséquence directe de ce turn-over régulier, les principes de jeu ont du mal à être assimilés parfaitement et le collectif donne l’impression d’être en permanence en rodage lors des phases offensives. «On est un peu moins précis car il y a beaucoup de turn-over et dans la semaine et pendant les matchs, reconnaît Etcheto. Mais il faut que chacun trouve ses marques et c’est pour ça qu’il faut nous laisser un peu de temps et malgré ça on a fait un début de saison correct.»

Autre souci à gérer maintenant pour le staff, la gestion des égos. «Il faut arriver à leur faire accepter qu’ils ne joueront pas tous les week-ends, explique Etcheto. Il faut leur faire comprendre que l’émulation et la concurrence est bénéfique pour eux et pour le groupe.» Tant que l’UBB gagne, il ne devrait pas y avoir de souci pour faire adhérer les joueurs à ce projet.