Bordeaux: L’UBB change de dimension après son succès à La Rochelle

RUGBY La victoire obtenue à l’extérieur samedi soir, consécutive à un début de saison très réussi, offre de belles perspectives…

Marc Nouaux

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Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Bordeaux's players walk onto the pitch after scoring a try during the French Top 14 rugby union match between Union Bordeaux-Begles (UBB) and Montpellier on September 14, 2014 at the Chaban-Delmas stadium in Bordeaux. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT — AFP

L’UBB est dans le bon wagon. Avec quatre succès en six matchs dont un à l’extérieur, obtenu à La Rochelle (26-29), samedi soir, l’Union se classe quatrième du Top 14. C’est la première fois depuis son accession dans l’élite en 2011 qu’elle démarre aussi bien une saison. Un départ canon qui permet de nourrir des ambitions puisqu’elle possède déjà six points d’avance sur Oyonnax, huitième. Explications.

Un banc qui fait gagner. C’est la grande nouveauté de l’UBB version 2014-2015. Lorsque les remplaçants entrent en jeu, l’équipe ne s’affaiblit pas, bien au contraire. Et le coach des avants, Régis Sonnes, apprécie cette nouvelle constante. «Avant, les adversaires savaient que l'UBB, c'était très costaud pendant une certaine période et après, il y avait des difficultés pour finir les matches. On s'aperçoit que ce n'est plus le cas.» Contre Lyon, le Racing, Montpellier et à La Rochelle, c’est à chaque fois en deuxième période que l’UBB a fait la différence grâce à ses remplaçants. L’homogénéité du groupe fait que presque tous les joueurs sont interchangeables. Une force nouvelle qui colle bien à l’état d’esprit de ce club qui se construit autour d’un collectif plutôt que sur des individualités.

Une force mentale supérieure. Cette UBB a plus de bouteille. Les joueurs qui ont connu le plus haut niveau sont de plus en plus nombreux. Dans l’effectif actuel, ils sont dix (Beauxis, Gomez-Kodela, Guiry, Guitoune, Lacroix, Ledevedec, Lesgourgues, Poux, Sa et Taofifenua) à avoir disputé des matchs de H-Cup. Parmi ces dix, sept sont arrivés à l’intersaison, ce qui démontre le changement de cap entamé depuis quelques mois par le président, Laurent Marti. En s’appuyant sur des hommes qui ont connu le plus haut niveau, le club bordelo-béglais devrait franchir un palier sur le plan mental. Avec l’expérience engrangée par le noyau dur de cette équipe, qui a connu la montée en Top 14 il y a trois ans et demi (Avei, Clarkin, Chalmers, Connor, Adams, Jaulhac, Rey) ainsi que l’arrivée à maturité des jeunes pousses (Serin, Lonca, Poirot, Domvo), le cocktail s’annonce prometteur.

Moins de jeu, plus d’efficacité. «On gagne des matches sans vraiment bien jouer au rugby.» Le manageur, Raphaël Ibanez le concède, ses hommes ne produisent pas leur meilleur rugby. L’adaptation des recrues au jeu bordelo-béglais prend du temps mais il y a aussi un changement de cap. La folie du jeu à outrance et des relances suicide dans ses vingt-deux mètres, semble appartenir au passé. L’UBB est devenue plus pragmatique, plus solide. L’alternance et l’équilibre entre jeu d’arrières et jeu d’avants a été dans l’ensemble trouvé. Quitte à paraître moins spectaculaire, l’Union est désormais plus efficace. Si l’ADN de l’équipe se modifie progressivement en raison du renouvellement de l’effectif, l’état d’esprit demeure le même malgré tout. A l’image de samedi à La Rochelle, où le capitaine, Clarkin, a choisi de chercher une touche au lieu de faire taper la pénalité à Beauxis à six minutes de la fin alors que l’écart était de sept points. La prise de risque a payé, de quoi conforter le club dans son idée de séduction par le jeu, bien que l’on en voit moins en ce début de saison. Mais tant que ça gagne, le public y trouvera aussi son compte.