Ligue 1: Dupraz «fait plus de mal que de bien» estime le Bordelais Bugnet ex-joueur d’Evian

FOOTBALL Avant Bordeaux-Evian qui se joue vendredi, Hervé Bugnet, formé aux Girondins avec qui il a disputé 18 matchs en pro, évoque Evian où il a joué entre 2008 et 2013…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Hervé Bugnet, joueur d'Evian, le 28 juillet 2011.
Hervé Bugnet, joueur d'Evian, le 28 juillet 2011. — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Les Girondins accueillent la lanterne rouge, Evian, vendredi soir à 20h30. L’occasion de demander à Hervé Bugnet, 33 ans, formé à Bordeaux de nous parler du club haut-savoyard où il a passé cinq saisons entre 2008 et 2013. Aujourd’hui au Stade Bordelais en CFA, où il joue encore en parallèle de sa nouvelle activité de restaurateur à la brasserie du Marché de Bassens, il évoque le début de saison de l’ETG et son entraîneur, Pascal Dupraz, avec qui il est parti en très mauvais termes.

Le début de saison d’Evian vous surprend-t-il?

Depuis que je suis parti, je suis l’évolution du club en interne car j’ai encore des potes qui jouent et je vois leurs résultats. Ils ne sont pas très bien mais comme l’autre [Pascal Dupraz, l’entraîneur] est né sur un concombre, ils vont encore s’en sortir. Même si c’est plus délicat que les autres années car ils ne sont vraiment pas bien partis, ils ont des joueurs d’expérience comme Olive [Sorlin] ou Cédric Barbosa mais cela ne fait pas tout.

Le départ de Franck Riboud et de Danone explique-t-il à lui seul ce début de saison?

C’est sûr que le départ d’une multinationale comme Danone, cela fait un gros trou dans le budget d’Evian. Ce n’est pas facile de recruter, on le voit cette année… Moi, leurs joueurs, je ne les connais pas. Ils prennent beaucoup de Danois. Quand on voit Wass, qui est un super joueur, on se dit qu’il y a de la qualité au Danemark mais il faut les trouver. Mais si Monsieur Riboud se retire, c’est qu’il en a marre de voir ce qu’il se passe. Les sorties médiatiques de l’autre énergumène donnent forcément une mauvaise image au club et donc à la marque qu’il défend. Franck Riboud qui est un grand monsieur sérieux a dû en avoir marre.

Selon vous, Pascal Dupraz fait plus de mal que de bien à son club…

Oui, et puis les dirigeants ne peuvent pas l’évincer car une bombe atomique exploserait sur Evian [rires]. Avec tout ce qu’il se passe sur le plan extra-sportif et ses sorties médiatiques, il fait du mal. En 2008, quand je l’ai connu, il était extraordinaire. Mais quand il a pris l’équipe première, il est devenu un autre homme, qui ne respecte pas les gens. Je suis bien placé pour le savoir avec mon cas personnel. Ses promesses non-tenues et son comportement vis-à-vis de moi, il le fera aussi avec d’autres.

Mais vous dîtes aussi qu’il est né sur une bonne étoile…

Les deux dernières saisons le prouvent. Ils se sont maintenus dans les dernières journées et notamment l’an passé à Sochaux alors qu’on ne les attendait plus. Mais attention, on a vu que Sochaux s’est maintenu sur le fil pendant plusieurs saisons avant de finir par craquer et descendre en Ligue 2. C’est ce qui leur pend au nez.

Evian, c’est donc un miracle permanent en Ligue 1 avec ses trois villes qui forment un club et une quatrième pour accueillir les matchs?

Et pour s’entraîner, tu dois aller dans une cinquième ou sixième ville! Tu changes de lieu d’entraînement en fonction de la météo. C’est vraiment un club à part, qui a un vécu. Il y a des gens dont celui que vous m’avez cité tout à l’heure qui sont là depuis vingt ans et qui ont fait un boulot fantastique pour monter les échelons. Ce club est vraiment spécial.