Bordeaux: Augmentation «très probable» des impôts locaux

FISCALITE Le maire de Bordeaux Alain Juppé a annoncé ce jeudi une augmentation probable des impôts en 2015. Il pointe du doigt la baisse des dotations de l’Etat envers les collectivités…

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé, lors de sa conférence de rentrée, le 18 septembre 2014
Alain Juppé, lors de sa conférence de rentrée, le 18 septembre 2014 — M.BOSREDON/20MINUTES

En tant que président de la communauté urbaine de Bordeaux, Alain Juppé a détaillé ce jeudi les «contraintes budgétaires qui vont peser les collectivités territoriales, qui sont d’une ampleur jamais vue.» Elles concerneront la Communauté urbaine, et la ville de Bordeaux.

«Le gouvernement a annoncé le 16 avril une réduction drastique de la dotation globale de fonctionnement qui alimente les collectivités: 11 milliards d’euros d’ici à 2017. Donc il faut aujourd’hui s’adapter à cette nouvelle donne» a lancé le président de la CUB.

Baisse des subventions de la Communauté urbaine de 5%

S’agissant de la communauté urbaine, «la perte de recette en 2015 est évaluée aujourd’hui à 21 millions d’euros. Je rappelle que les recettes de fonctionnement s’élèvent à 674 millions d’euros. Et si l’on fait le cumul entre 2014 et 2017, c’est 66 millions d’euros qui ont disparu de notre budget de fonctionnement. Il faut ajouter à cela la baisse de certaines subventions de l’Etat, je pense à la troisième phase du tramway tant que l’écotaxe n’existe pas, et le problème de la rocade.»

Pour y faire face, «il faut faire des économies. A la CUB, j’ai demandé aux services de préparer un budget 2015 avec une baisse des crédits de fonctionnement de 10% sur l’ensemble de la mandature, c’est-à-dire 1,7% par an. Les dépenses de communication seront réduites de 10%. Nous serons aussi amenés à diminuer les subventions de la CUB, de 5% en moyenne. Les charges de personnel devront progresser de 3%, en raison des progressions de carrière, et cela se traduira par l’absence de toute création de nouveau poste budgétaire. Il faudra redéployer et mutualiser. Nous serons enfin amenés à lisser certains projets et à les étaler sur plusieurs années.»

Une perte de 13 millions d’euros pour la ville

Pour la ville de Bordeaux «l’incidence sera de 13 millions d’euros si l’on inclut le coût de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. L’impact cumulé sur la période 2014-2017 est évalué à 68 millions d’euros.» Le «même effort devra être fourni sur les subventions municipales, que j’ai demandé de ramener au niveau de 2013, ce qui représente une diminution de 5%, avec trois secteurs qui seront sanctuarisés: Le Centre Communal d’Action Sociale, la petite enfance et l’éducation.»

Sera-ce suffisant? «Sans doute pas», a répondu Alain Juppé, qui a précisé que s’il n’envisageait pas «d’augmenter la fiscalité à la CUB, à la ville, l’adaptation sera sans doute nécessaire. Il y aura très certainement une augmentation de la fiscalité locale.»