Bordeaux, 11 decembre 2011. - Colonne de taxis dans l'attente de la clientele devant la Gare Saint-Jean. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 11 decembre 2011. - Colonne de taxis dans l'attente de la clientele devant la Gare Saint-Jean. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

MOBILITE

Bordeaux : l'arrivée du service de transport entre particuliers Uber inquiète les taxis

Ce mardi, le service Uber, qui met en relation chauffeurs et clients, se lance à Bordeaux, Nice et Toulouse...

Après Paris en 2011, Lyon en 2013 et Lille cet été, le service uberPOP se lance à la conquête de Bordeaux, Nice et Toulouse. C'est un service de transport à la demande, accessible depuis un smartphone, qui met en relation des chauffeurs professionnels ou des conducteurs particuliers avec des clients. L'accès à la plateforme est gratuit et ne nécessite pas d'adhésion mais la société Uber prend une commission de 20 % sur chaque trajet. Plusieurs centaines de personnes se sont déjà inscrites sur la plateforme bordelaise.

Les particuliers peuvent devenir chauffeurs

Le réseau développé par Uber compte des transporteurs indépendants mais aussi des particuliers, qui peuvent devenir chauffeurs du jour au lendemain, à condition de remplir quelques critères (permis de conduire de plus de 3 ans, carte d’identité, extrait de casier judiciaire vierge, carte grise d’un véhicule de moins de six ans en propriété, Leasing et assurance au nom du conducteur). L'utilisateur réserve son véhicule via une application et effectue sa transaction par carte bancaire ou PayPal.

Le syndicat veut saisir la préfecture

Les tarifs proposés sont assez attractifs puisqu'un trajet entre la place Pey-Berland et l'aéroport coûtera entre 14 et 19 euros via uberPOP contre 20 à 22 euros en taxi. «Nous, nous n'avons pas le choix, le tarif au kilomètre est fixé par la préfecture, pointe Yves Marquassuzaa, coprésident du syndicat autonome des artisans taxis de Bordeaux et de la Gironde, et à ces tarifs, je me demande si les chauffeurs Uberpop vont parvenir à couvrir leur frais, compte tenu des voitures assez haut de gamme qui sont requises».

«Le but n'est pas que des particuliers en fassent leur métier mais que des étudiants ou des retraités par exemple mettent quelques heures de leur temps libre à profit», rétorque Alexandre Molla, directeur d'Uber France. Il estime que le service ne prend pas de clients aux taxis mais séduit des gens qui avaient délaissé ce type de déplacements. «La réglementation de l'industrie du transport date de plusieurs décennies et se situe dans un cadre technologique complètement différent. On propose un service innovant  qui casse les codes classiques. Et je pense que les taxis doivent voir ça comme une opportunité», ajoute t-il.

Ce jeudi, le syndicat se réunit en bureau et évoquera l'arrivée du service uberPOP. Il envisage déjà une action auprès du service de répressions des fraudes de la préfecture. Au-delà de cette société, c'est la multiplication des voitures de tourisme avec chauffeur qui l'inquiète.