Pessac : La cité Frugès de Le Corbusier candidate pour un classement Unesco

ARCHITECTURE L'oeuvre de Le Corbusier sera examinée par l'Unesco en 2016 pour un classement au patrimoine mondial de l'humanité. La cité Frugès de Pessac fait partie des réalisations qui comptent pour cette candidature...

Elsa Provenzano

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A Pessac, le 15 septembre 2014, la Cité Frugès dessinée par le Corbusier.
A Pessac, le 15 septembre 2014, la Cité Frugès dessinée par le Corbusier. — Nikolas Ernult

En 2016, ce sera la troisième et dernière fois que l'œuvre de Le Corbusier pourra prétendra au classement au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. L'association des sites Le Corbusier a déjà porté une telle candidature à deux reprises, en 2009 et 2011. Le dossier porte sur «une série transnationale de 17 sites, répartis sur sept pays, représentative du caractère universel de l'œuvre de Le Corbusier et de sa contribution au mouvement architectural moderne», a déclaré Marc Petit, maire de Firminy et président de l'association des sites Le Corbusier, lors de l'annonce de la candidature, début septembre.

Une idée de la modernité

Les 51 pavillons individuels ( mais il n'en reste que 50 après la destruction de l'un d'entre eux pendant la guerre) de la Cité Frugès,ont été construits entre 1924 et 1926 à Pessac, par Le Corbusier sur commande d'Henri Frugès, un industriel sucrier qui voulait construire des logements pour ses ouvriers. «C'était une utopie urbaine, une proposition sociétale de Le Corbusier qui introduit l'idée de série, de standardisation», explique Cyril Zozor médiateur culturel qui propose des visites guidées d'un des 50 pavillons, transformé en maison témoin par la ville. La cité construite avant les années 30 a été baptisée «Quartiers modernes Frugès» et  prévoit un certain confort : «l'électricité, l'eau courante, les W-C et un système de chauffage centralisé. Tout cela est inédit à l'époque», rappelle Cyril Zozor, qui souligne que la cité Frugès est le plus ancien site corbusien.

Depuis 1998, les habitations font l'objet d'une réglementation qui oblige les propriétaires à restituer l'aspect extérieur initial, tel qu'il a été dessiné par Le Corbusier. Aujourd'hui, la moitié environ a été restaurée dans cet esprit.

Une candidature plus sereine qu'en 2009 et 2011

«Depuis 2011, l'association des sites Le Corbusier a avancé dans le travail partenarial et le plan de gestion. Chaque site est maintenant capable de garantir la préservation et la valorisation de ce patrimoine. On est donc plus serein pour cette candidature. Et si le classement se concrétise, cela va permettre de donner à voir ce patrimoine du 20 e siècle», s'enthousiasme le médiateur culturel.

La session qui va examiner la candidature se réunit en juin 2016.