Le premier train à deux niveaux d’Aquitaine vient d’arriver

TRANSPORTS La région Aquitaine a réceptionné ce lundi son premier Regio 2N, train à deux niveaux du fabricant Bombardier. Vingt-quatre rames de ce type seront livrées d’ici à 2016…

Mickaël Bosredon

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Inauguration du nouveau train Regio 2N par le président de la région Aquitaine Alain Rousset, le 15 septembre 2014
Inauguration du nouveau train Regio 2N par le président de la région Aquitaine Alain Rousset, le 15 septembre 2014 — M.BOSREDON/20MINUTES

Après le Regiolis d’Alstom, place au Regio 2N de Bombardier. La région Aquitaine a réceptionné lundi la première des 24 rames qu’elle a commandées au constructeur canadien. Et pour la première fois en France, elle a été mise en service sur une ligne ferroviaire, pour une marche à blanc entre Bordeaux et Arcachon. Sa mise en circulation commerciale est prévue pour le mois de décembre, sur la même ligne, la plus fréquentée en Aquitaine avec 8.000 voyageurs par jour:

Le montant de la commande de ce train à deux niveaux, le premier en Aquitaine, s’élève à 235 millions d’euros, entièrement financés par la région. «Et nous payons 60% d’avance! Sympa, le client quand même» a ironisé le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, devant le responsable France de Bombardier, Jean Bergé. Neuf régions ont passé commandes de ce Regio 2N, pour un total de 169 rames, toutes fabriquées dans l'usine de Crespin (Nord) de l'industriel.

«Saut qualitatif»

Alain Rousset a salué ce «bijou technologique». «Quel saut qualitatif! Il ya dix ans, on avait des trains non climatisés, là, le Regio 2N offre tout le confort, la tranquillité, la sécurité. Il a une capacité de 330 places assises et 300 places debout:

«Il propose aussi de l’espace pour les personnes à mobilité réduite dans les deux voitures d’extrémité. Il peut recevoir six vélos par rame, des prises électriques sont proposées à chaque siège, et il y a aussi des liseuses…» Trois toilettes sont également réparties dans le train, dont une plus large pour les personnes à mobilité réduite:

«C’est un train extra-large évidemment compatible avec les infrastructures de SNCF réseau, même si cela doit donner lieu à certains endroits à des aménagements, ce qui est normal puisqu’avec le temps le réseau bouge» a précisé de son côté Jean Bergé. «Regio 2N est une plateforme modulaire qui peut satisfaire l’ensemble des besoins des régions, a-t-il également insisté: disponible dans une version courte de 81 mètres, comme celui choisi par l’Aquitaine, il existe aussi dans des versions moyennes de 95m, des versions longues de 110m été extra-longue de 135m. Sa vitesse de pointe est de 160 km/h ou 200 km/h selon les réseaux. Les accélérations peuvent être adaptées et certaines régions peuvent commander la version «boost».»

Entièrement électrique, il s’agit du premier train à deux niveaux articulé, ce qui permet de bénéficier «de larges circulations et de passer d’une voiture à l’autre sans s’en rendre compte» a poursuivi Jean Bergé:

«La deuxième innovation c’est dans le domaine du traction-freinage: il bénéficie d’un système de moteur à aimants permanents et d’un système de frein électrique à haut niveau de sûreté qui permet une amélioration du rendement énergétique de près de 30% par rapport à la génération précédente. Enfin, nous avons supprimé les éjecto-convecteurs (système de climatisation) dans les sas pour gagner de la place en latéral.» Les éléments techniques sont disposés dans la toiture.

2,5 milliards d’euros d’investissement depuis 2002

«Depuis 2002, l’investissement de la région dans le réseau régional a été de 2,5 milliards d’euros, a indiqué Alain Rousset. Et nous venons de passer pour 650 millions d’euros de commandes de nouvelles rames, dont 450 millions d’euros pour les Régiolis et les Regio 2N.» Soit 42 rames, qui devraient toutes circuler d’ici à 2016, malgré un retard de livraison d’environ un an. «En 2016, 100% du parc en Aquitaine sera neuf.»

L’enjeu pour la SNCF sera alors d’améliorer la régularité des trains. «Elle est de 90% à ce jour, indique Olivier Devaux, directeur régional de la SNCF pour l’Aquitaine et Poitou-Charentes, notre objectif est d’arriver rapidement à 92%, même si les années 2014-2015 sont particulièrement difficiles, avec beaucoup de gros travaux sur le réseau.»