La presqu'île encore encrassée

ENVIRONNEMENT Une nouvelle pollution aux hydrocarbures a souillé Ambès, la semaine dernière

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

L'entreprise avait prévenu : le nettoyage prendrait du temps. Presque deux mois après la rupture d'une cuve de la société SPBA à Ambès, le 12 janvier, la pollution au pétrole brut est encore bien visible. Un autre « incident » de moins grande ampleur s'est d'ailleurs produit le 26 février. Sur le fleuve, la nappe formée le 12 janvier a été rapidement résorbée. Mais les jalles (les marais) environnantes sont toujours souillées. Une inquiétude renforcée par la nouvelle pollution de la semaine dernière : un bac de décantation, censé récupérer les eaux de ruissellement polluées de l'usine, très abondantes depuis l'incident du 12 janvier, a débordé sous l'effet des fortes pluies.La pollution a été rapidement maîtrisée, « mais cela donne quand même l'impression qu'ils sont un peu dépassés par les événements », s'inquiète Christian Vignaud Saunier, président de Claire Aubarède, l'association locale de défense de l'environnement. « La dépollution a bien avancé, tempère le maire (PS) d'Ambès, Maurice Pierre. Une trentaine de personnes y travaillent tous les jours. » Effectivement, l'entreprise semble y accorder un soin particulier. La filiale de Total a fait appel au Centre de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cèdre) pour qu'il supervise le nettoyage. « Il n'est pas fréquent qu'une entreprise nous appelle directement, explique Arnaud Guéna, expert au Cèdre. Nous avons fait des recommandations pour un nettoyage respectueux de l'environnement et nous constatons que nos conseils sont suivis. » Les opérations devraient s'achever à la fin mars. « A l'extérieur de l'usine, on sent que les choses sont bien faites, confirme Christian Vignaud Saunier. A l'intérieur en revanche, c'est un peu plus obscur. » L'enquête est toujours en cours pour déterminer les causes de la rupture du fond de la cuve, d'autant plus surprenante qu'elle avait été contrôlée en 2006. En attendant les conclusions des experts, huit autres cuves du site sont sous scellés. La direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement a d'ailleurs envoyé un courrier aux dépôts pétroliers pour attirer leur attention sur cet incident. Pour Claire Aubarède, « ce scénario n'avait clairement pas été prévu. Ce qui s'est passé doit absolument faire école, au-delà de la bataille d'experts qui va avoir lieu. »

Sophie Lemaire