Une photographe bordelaise révèle le jardin secret des Capucins

CULTURE L’ouvrage «la double vie des Capus», dressent le portrait de six commerçants du marché qui sont aussi des artistes…

Elsa Provenzano

— 

A Bordeaux, le 8 septembre 2014, des portraits realises pour l'ouvrage " La double vie des Capus".
A Bordeaux, le 8 septembre 2014, des portraits realises pour l'ouvrage " La double vie des Capus". — Mélanie Gribinski

Quand on fait son marché aux Capus, on rencontre des primeurs, des serveurs, des cavistes etc. Mais l’ouvrage «La double vie des Capus» de la photographe bordelaise Mélanie Gribinski, qui sort dans les prochains jours, donne à voir une face cachée de l’institution bordelaise, surnommée le ventre de Bordeaux. Le livre s’intéresse à six commerçants qui sont sculpteur, peintre, transformiste ou pianiste lorsqu’ils ne hèlent pas les passants sous la halle.

La photographe devient caviste pour s’immerger dans la vie du marché

C’est la rencontre avec un caviste du marché, qui lui apprend au détour d’une conversation qu’il joue du piano, qui va initier le projet artistique de la photographe. Cela trouve un écho particulier chez cette artiste qui explore l’idée du double dans la création. Profitant du départ de la collaboratrice du caviste, et après une petite formation accélérée pour connaître les rudiments du métier, elle travaille un an et demi aux côtés du caviste. Le temps pour elle de comprendre comment fonctionne le marché des Capucins et de mieux connaître les commerçants.

L’art, une nécessité pour ces commerçants qui travaillent dur

Son but n’étant pas de proposer un travail exhaustif, elle fait le portrait de six d’entre eux, au bout d’un an environ. «L’idée c’était que moi aussi je sois identifiée comme une commerçante des Capus. Cela a instauré une relation de confiance et même d’amitié», précise Mélanie Gribinski. Un atout pour réaliser des entretiens d’une vingtaine de minutes, qu’il est possible d’écouter sur le net. «Je pense que c’est nécessaire pour eux d’avoir un jardin secret, parce que le marché c’est dur. Il fait froid en hiver, c’est difficile physiquement, on n’est jamais à l’abri du regard des autres et on est aussi tout le temps sollicité, ce qui est fatigant», analyse la photographe, qui a partagé le quotidien des commerçants pendant un an. «Sylvain, 50 ans, est primeur aux Capus depuis qu’il en a 18, c’est le seul qui a envie de vivre de sa passion de sculpteur. Pour les autres, l’art est une part nécessaire mais ils n’ont pas envie de s’y consacrer entièrement», précise-t-elle.

Ce mardi 9 septembre à 18 h, une rencontre est organisée à la librairie Mollat, en présence de Mélanie Gribinski et de plusieurs artistes qui ont contribué à l’ouvrage (Claude Chambard, Delphine Gleize et Marc Torralba). Au total cinq artistes ont proposé des créations autour de la question du double, qui sont intégrées à l’ouvrage.

Une exposition se tient jusqu’au 19 septembre sur le marché des Capucins. Elle est visible pendant les horaires d’ouverture, de 9 h à 13 h 30, du mardi au dimanche. En semaine, il faut se rapprocher du stand de Matthieu Rouffineau, ostréiculteur dans l’allée centrale et le week-end l’exposition est installée à l’extérieur du marché, côté cours de la Marne, en face de la terrasse des Jardins.