Football: Jean-Pierre Papin «prend du plaisir» à retrouver le football amateur

FOOTBALL Redevenu coach en CFA 2 au FC Bassin d’Arcachon cet été, l’ancienne icône du foot français raconte son retour dans le monde amateur…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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L'ancien avant-centre des Bleus Jean-Pierre Papin est désormais consultant.
L'ancien avant-centre des Bleus Jean-Pierre Papin est désormais consultant. — POL EMILE/SIPA

JPP fait toujours des émules. Lorsqu’il se déplace avec son club du FC Bassin d’Arcachon (CFA 2), les demandes de photo ou d’autographes sont nombreuses. Revenu sur le banc du club maritime depuis cet été après trois expériences en pro diversement réussies (Strasbourg, Lens et Châteauroux), Jean-Pierre Papin (50 ans), évoque son retour aux affaires et les ambitions qu’il nourrit en tant qu’entraîneur d’une petite structure amateur, pour l'instant septième de CFA 2 après trois matchs.

Coacher une équipe vous avait manqué?

Si je suis là, ce n’est pas par hasard, non? C’est quelque chose que j’ai en moi, quelque chose auquel je suis habitué. J’ai pris du plaisir depuis le début de la saison.

Etes-vous satisfait par ce que vous avez vu depuis votre retour?

Sur le terrain, je pense que c’est pas mal. On n’a pas pris de joueurs huppés, on a gardé l’effectif de la saison dernière. Notre leitmotiv, c’est le collectif. A chaque fois pratiquement que l’on se déplace, on est le petit poucet. Et en dehors du terrain, j’ai retrouvé des gens qu’il y avait déjà il y a dix ans et qui se battent pour ce club.

Se réadapter au contexte amateur est-il simple?

J’arrive de là donc ce n’est pas si compliqué pour moi. C’est difficile parfois mais il faut faire avec les moyens du bord, il faut construire du mieux possible. Quand tu as connu la Ligue 1 et les plus grands clubs, tu essaies d’apporter ton expérience pour faire progresser. On a trouvé des nouveaux partenaires. Au lieu de chercher des joueurs, on a investi dans du matériel pour que toutes les équipes, y compris les jeunes, puissent en profiter. On a peu de moyens mais des gens qui aiment le club qui se battent pour l’aider à grandir.

Jusqu’où pouvez-vous faire grandir ce petit club?

Il faut du temps. C’est un vrai projet sportif. On aimerait que le FCBA soit le grand club de cette petite région. Je pense qu’on peut aller au niveau supérieur [CFA] mais ce sera le maximum. On a un beau stade, un beau centre d’entraînement à Gujan-Mestras que des clubs professionnels pourraient nous envier, on a plus de 500 licenciés… Je pense que dans les deux ou trois prochaines années, ce sera l’objectif à atteindre. Il faut voir un peu plus loin que le maintien, qui est l’objectif prioritaire cette saison.

Votre discours est sur du long terme, vous vous voyez rester longtemps à ce poste?

Ce n’est pas la question du jour. Quand on joue un championnat, il faut essayer d’aller voir plus haut, dans la mesure du possible. Que ce soit avec moi ou avec un autre.

N’est-ce pas frustrant de se dire qu’il y aura une limite dans la progression du club?

Non, il faut savoir où aller et ce que l’on est capable d’accepter avec les mairies et les contraintes. On sait que l’on ne peut pas aller plus haut que le CFA. D’ici deux ou trois ans, on aura peut-être d’autres moyens pour aller au dessus, mais on n’ira pas plus haut. On n’aura pas assez d’argent pour aller en national. Le CFA, c’est déjà bien pour que les gamins de la région viennent voir évoluer des réserves pros et ce qui se fait de mieux en amateurs.