Triste fin de vie au Château Lamothe

JUSTICE Le procureur a requis hier de la prison avec sursis à l'encontre de l'ancienne directrice de la maison de retraite, Jeanne Philibert

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Selon les témoignages des employés et des familles de pensionnaires, l'ambiance qui régnait au Château-Lamothe, à Saint-Médard d'Eyrans était des plus sordides. D'ailleurs, le procureur a requis hier à l'encontre de l'ancienne directrice de la maison de retraite, Jeanne Philibert, de la prison avec sursis, une amende à l'appréciation des juges et l'interdiction d'exploiter un établissement. Elle était jugée pour l'extension de la maison de retraite sans autorisation, détention de morphine sans ordonnance, violences sur un pensionnaire et pour avoir pratiqué, sans diplôme, des actes médicaux et infirmiers.C'est une infirmière qui a travaillé au Château-Lamothe durant quatre jours qui a alerté en 2003 l'Association française de protection et d'assistance aux personnes âgées (Afpap). Elle parle de méthodes violentes pour nourrir les personnes âgées ou de « touchers rectaux effectués sans gant ». « Tout est déformé, il y a une certaine exagération », rétorque Jeanne Philibert, âgée de

82 ans. Elle a reconnu qu'elle acceptait souvent des pensionnaires en plus, qu'elle pratiquait effectivement des actes infirmiers, mais « avec l'avis du médecin », et qu'il fallait parfois insister pour les repas « sans geste de brutalité, mais avec fermeté ». Les familles, qui n'ont pas toutes osé se manifester « par peur de représailles » sur leurs parents, se rappellent aussi les doléances de leurs parents : le traumatisme des repas, les soins douloureux et la peur de cette directrice, qui a été décrite à plusieurs reprises comme « tyrannique ».

Orianne Dupont