Girondins HB: «C’est difficile pour moi de comprendre comment certaines choses ont pu être faîtes», s’interroge Erick Mathé

HANDBALL Le désormais ex-coach des Girondins HBC, au chômage depuis la mise en liquidation du club, raconte comment il vit cette période…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Bordeaux, le 26 mai 2014 - Erick MathÈ, coach des Girondins HB pose rive droite de la Garonne ‡ Bordeaux
Bordeaux, le 26 mai 2014 - Erick MathÈ, coach des Girondins HB pose rive droite de la Garonne ‡ Bordeaux — Marc Nouaux / 20 Minutes

Etre élu meilleur coach de Pro D2 en juin par ses pairs puis être au chômage deux mois plus tard. C’est tout le paradoxe qu’a vécu Erick Mathé, ex-coach des Girondins HB, après la mise en liquidation judiciaire de son club il y a quelques semaines. Toujours à Bordeaux, il s’est retrouvé trop tard sur le marché pour espérer retrouver un club. Il raconte cette mauvaise aventure qu’il est en train de vivre.

Un mois après la liquidation judiciaire de votre club, que faîtes-vous?

La période n’est pas très propice pour retrouver un club, surtout pour un coach. Je reste à l’écoute et je m’informe. Je ne veux pas me déconnecter du monde du handball pour ne pas me faire oublier. Je vais aller voir des matchs, et j’ai envie d’aller voir comment cela fonctionne dans les grosses structures, j’ai fait des demandes en ce sens tout en souhaitant me perfectionner au niveau de l’anglais.

En voulez-vous à vos dirigeants?

Les périodes d’agacement de déception et autres sont passées, je me dis juste que c’est un immense gâchis. Les responsabilités sont sûrement partagées entre les collectivités et les dirigeants, je ne suis pas rancunier, j’ai plutôt tendance à regarder devant.

Vous avez gardé contact avec vos dirigeants?

Si je ne garde pas contact, ce n’est pas contre eux mais c’est parce que nous n’avons plus d’intérêts communs. Le club repart dans une structure amateur, ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Ce n’est pas que je leur en veux mais on ne regarde pas dans la même direction.

Comment jugez-vous certaines dépenses effectuées (réceptif, communication…) alors que le club n’allait pas bien?

C’est difficile à dire car peut-être que certains investissements auraient pu amener des sponsors mais je ne savais pas que cela se faisait alors que les conditions financières s’étaient affaiblies. C’est un choix difficile à commenter pour moi. C’est difficile pour moi de comprendre pourquoi toutes ces choses ont été faites dans une situation qui n’était pas rose mais je ne sais pas ce qu’il se disait pendant ce temps avec la Mairie de Bordeaux, donc je ne préfère pas m’étendre sur ce sujet.

Avez-vous été marqué par ces événements?

Au début, c’était difficile à admettre. Surtout dans une période où l’entraîneur est très actif, c'est-à-dire la préparation. Ce que je regrette surtout, c’est la temporalité des événements. Si on avait su, ne serait-ce qu’un mois avant, on pouvait tous retrouver des clubs. Aujourd’hui, seuls Kieffer (Chartres, D2), Eymann (Istres, D1), Popovic (Ivry D2), Calandre (Vernon, N1) ont retrouvé un contrat pro. D’autres ont accepté de descendre de niveau pour préparer leur reconversion et certains, comme Louis Roche, 24 ans, élu meilleur pivot de Pro D2 il y a deux mois, n’ont absolument pas de club ni de visibilité.