Dix-huit mois avec sursis pour des croix gammées sur un local musulman

JUSTICE Deux hommes ont été condamnés mardi par le tribunal de Bordeaux pour avoir tagué des croix gammées, à Lesparre dans le Médoc…

Mickaël Bosredon

— 

Une petite salle de prière musulmane de Lesparre-Médoc, en Gironde, a été la cible dans la nuit de vendredi à samedi de tags de croix gammées, pour la deuxième fois en quatre jours, selon une source proche de l'enquête
Une petite salle de prière musulmane de Lesparre-Médoc, en Gironde, a été la cible dans la nuit de vendredi à samedi de tags de croix gammées, pour la deuxième fois en quatre jours, selon une source proche de l'enquête — Sylvain Deleuze AFP

Deux hommes ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Bordeaux à 18 mois de prison avec sursis pour avoir tagué des croix gammées sur un lieu de prière musulman de Gironde et sur des véhicules. Ils sont également soumis à deux ans de mise à l'épreuve et au remboursement solidaire des préjudices matériel et moral.

Dans la nuit du 6 au 7 août 2013, les deux compères, un homme de 40 ans et un de 24 ans, ont tagué des croix gammées et croix celtiques sur le mur de la salle de prière de l'association des Musulmans du Nord-Médoc, à Lesparre, puis introduit par la boîte à lettre un chiffon enflammé imbibé d'essence.

«Patriotisme exacerbé et racisme»

Le ministère public avait réclamé 6 mois de prison ferme au regard des «inquiétants rapports psychologiques » faisant état de « personnalité paranoïaque », de « grande intolérance », « d'absence d'autocritique » ainsi que de « patriotisme exacerbé et de racisme ». Il a également regretté que les deux hommes n'ont « montré aucune empathie par rapport aux faits » qui avaient suscité un fort émoi dans la commune.

Devant la présidente du tribunal, Cécile Ramonatxo, l'homme le plus âgé a expliqué son geste en disant qu'il a dessiné les croix gammées car il voulait « faire peur et faire comprendre qu'il y a des règles à respecter ». L’avocat des parties civiles a rappelé une des dépositions faite devant les enquêteurs cherchant à comprendre l'explication des croix gammées, indiquant que l'homme de 40 ans avait répondu: « j'aurais pu écrire « mort aux arabes » mais c'était trop long et j'ai préféré dessiner une croix gammée ».