Changement de rythme pour les écoliers à Bordeaux

SCOLARITE La rentrée des classes est marquée cette année par la réforme des rythmes scolaires, dont l’application est dénoncée par l’opposition d’Alain Juppé…

Mickaël Bosredon

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Le 2 septembre 2014, rentrée des classes à l'école Sousa Mendes de Bordeaux
Le 2 septembre 2014, rentrée des classes à l'école Sousa Mendes de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

Quelque 16.045 enfants ont effectué leur rentrée ce mardi matin à Bordeaux. Soit 129 de plus que lors de la dernière rentrée, «car la population de Bordeaux ne cesse de croître» a souligné le maire Alain Juppé, qui s’est rendu à 8h à l’école Sousa-Mendes, près de la place Ravezies. Treize nouvelles classes ont été ouvertes pour faire face à cette augmentation, a souligné de son côté le recteur de l’académie de Bordeaux Olivier Dugrip.

La grande nouveauté de cette rentrée est la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. «Nous avions lancé une concertation il y a plus d’un an, et bâti un schéma ambitieux, a lancé Alain Juppé, mais de nouvelles mesures gouvernementales pénalisant considérablement les collectivités au niveau du budget, nous ont contraints à modifier le système initial, pour mettre en place une réforme moins coûteuse pour la ville, mais qui ne dénature pas l’esprit de la réforme.»

Accueil de 7h30 à 18h30

La réforme coûtera finalement à la ville quelque 1,8 million d’euros. Au final, les nouveaux rythmes scolaires proposent un accueil dès 7h30, avec un système de garderie gratuite en maternelle, et assuré par des associations en section élémentaire. Des activités «péri-éducatives» seront proposées deux fois par semaine lors de la «pause méridienne» en maternelle, et une fois par semaine en élémentaire. L’après-midi, l’école se terminera à 16h, «mais tous les enfants seront accueillis jusqu’à 18h30.»

Reste la question du mercredi. La ville assure l’ouverture des écoles à partir de 7h30 et une garderie gratuite après l’école et jusqu’à 12h30. Les enfants inscrits en centre de loisirs l’après-midi pourront bénéficier de la cantine. «Pour les parents qui auront des contraintes, professionnelles ou familiales, nous examinerons les demandes au cas par cas.»

Polémique sur l’accueil des enfants de chômeurs

L’application de cette réforme à Bordeaux fait bondir l’opposition socialiste. Ainsi, Matthieu Rouveyre (PS) dénonce «l’accueil payant de 16h à 18h30» et relève surtout qu’il est «réservé prioritairement aux enfants dont les parents travaillent, ou autres situations qui ne leur permettent pas de venir récupérer leur enfant à l’horaire de fin de classe.» Idem pour la cantine du mercredi : «Aux  parents d’élèves qu’il a reçus avant les vacances, le maire de Bordeaux a fait savoir qu’il n’ouvrirait la cantine le mercredi qu’aux enfants de parents pouvant justifier l’exercice d’une activité professionnelle ce jour là (…) Alain Juppé a décidé d’exclure purement et simplement les enfants de chômeurs.»

Alain Juppé a assuré ce mardi qu’il n’y aurait «aucune discrimination.» Son adjointe à l’éducation Emmanuelle Cuny est également «formelle» sur ce point: «Les parents dont les enfants ne sont pas inscrits en centre de loisirs et qui ne pourraient pas récupérer leurs enfants en raison d’obligations diverses, pourront les mettre à la cantine. Cela s’applique aux familles qui travaillent, en recherche d’emploi ou en formation.»