Faudra-t-il payer pour se rendre au Cap-Ferret?

ENVIRONNEMENT Le maire du Cap-Ferret réfléchit à instaurer une taxe pour financer des actions écologiques…

Mickaël Bosredon

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La pointe du Cap-Ferret
La pointe du Cap-Ferret —

Payer pour accéder à la presqu’île du Cap-Ferret? L’idée peut paraître surprenante, mais le projet du maire Michel Sammarcelli est très sérieux. L’élu réfléchit à instaurer un péage, d’un montant d’un ou deux euros, dont le produit servirait à financer des actions écologiques, notamment pour la préservation des dunes.

«Compliqué à mettre en place»

Des écotaxes de ce genre, il n’en existe à ce jour que deux en France: à l’Île de Ré et à l’Île d’Aix. Et c’est le modèle de l’Île de Ré qui a inspiré le maire du Cap-Ferret. «Nous nous connaissons très bien avec Michel Sammarcelli, raconte Lionel Quillet, président de la communauté de communes de l’Île de Ré, il est venu voir le système de péage sur l’île de Ré, je me suis rendu au Cap-Ferret, et nous avons discuté de la possibilité d’en instaurer un sur sa commune. Cela pourrait s’y prêter au Cap-Ferret, mais il faut une vraie volonté politique, car c’est compliqué à mettre en place.»

D’un montant de 16 € pour les véhicules légers, le péage de l’Île de Ré a servi dans un premier temps à financer le pont qui le sépare du continent. Celui-ci désormais amorti, le produit du péage sert désormais à la préservation de l’île: financement de navettes électriques gratuites pour pouvoir accéder à l’ensemble de l’île, réseau de pistes cyclables, gestion des plantes invasives, protection des dunes…

Un revenu entre 600.000€ et 1,6 million d’euros l’été

Pour Lionel Quillet, une écotaxe est la seule solution pour sauvegarder des sites sensibles. «Mais elle doit être expliquée, et il faut des mesures compensatoires, comme la mise en place d’un transport gratuit sur le site, si on ne veut pas qu’elle soit dévoyée et se transforme en une barrière infranchissable…»

Dans le projet du maire du Cap-Ferret, les résidents et travailleurs seraient exonérés de la taxe qu’il réfléchit à mettre en place. Celle-ci pourrait rapporter entre 600.000 € et 1,6 million d’euros chaque été. Reste à savoir désormais la faisabilité juridique d’un tel projet, car les obstacles pourraient être nombreux. La préfecture de la Gironde ne souhaite pas se prononcer tant qu’elle n’a pas été saisie officiellement.