Le nouveau Leclerc de Bordeaux recrute désormais sans CV

EMPLOI L’enseigne Leclerc, qui a inauguré en août un supermarché flambant neuf dans le quartier des Chartrons, a fait appel à la méthode de recrutement par simulation pour l’embauche de soixante personnes…

Mickaël Bosredon
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Le 2 septembre 2014, reportage au nouveau Leclerc de Bordeaux Chartrons
Le 2 septembre 2014, reportage au nouveau Leclerc de Bordeaux Chartrons —

Nouveau magasin, nouveaux moyens. Pour faire face à ses besoins en personnel, l’enseigne Leclerc, qui a inauguré début août dans le quartier des Chartrons un nouveau supermarché de 5.100 mètres carrés, à l’angle de l’ancienne grande surface qui datait de 1973 et qui est en cours de démolition, a fait appel à Pôle Emploi qui a appliqué sa méthode de recrutement par simulation. «Le principe est de travailler sur la motivation et l’habileté des candidats, et non sur leur cursus» explique Sylvie Berthelemy, du Pôle Emploi de Bordeaux Mériadeck.

Concrètement, après une présentation de l’enseigne et de ses besoins, les candidats passent des tests qui les mettent dans des situations réelles. A l’issue, un entretien de motivation est réalisé par le recruteur. Le CV des postulants n’est pas consulté une seule fois.

«Cela a bousculé nos habitudes, et même si la tentation est grande de poser des questions sur le parcours des candidats, nous avons joué le jeu», explique Christophe Guérin, directeur du Leclerc de Bordeaux Chartrons. Il a ainsi recruté dans le courant de l’été soixante personnes en CDI (employés de libre-service, magasiniers, bouchers…), ce qui porte à 170 le nombre d’employés dans le supermarché.

«Plus efficace qu’un recrutement traditionnel»

Des profils très différents ont été retenus: les nouveaux employés ont entre 19 et 56 ans, et il y a autant de femmes que d’hommes. Raphaël Ramallo, Bordelais de 26 ans, en fait partie. «L’exercice de simulation durait 1h30, explique-t-il. On m’a fait ranger un rayon, et de faux clients venaient m’interrompre pour me demander des renseignements. Le but était d’étudier ma réaction au stress.»

Pour Christophe Guérin, le bilan est plus que satisfaisant. «Sur les soixante personnes embauchées, et qui travaillent depuis un mois désormais, une seule personne n’a pas été conservée. C’est beaucoup plus efficace qu’un recrutement traditionnel, dans lequel j’ai beaucoup plus de pertes. Je ne m’attendais pas à un tel succès.»

A tel point que le directeur du Leclerc envisage de faire appel au même procédé dans quelques mois. «Je vais avoir besoin de 15 à 20 nouveaux collaborateurs d’ici à 2015 pour faire face à mes besoins, et la méthode a porté ses fruits.»

20.000 nouveaux habitants dans le quartier dans les cinq ans

Le Leclerc des Chartrons s’est fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir. Situé cours Saint-Louis, non loin du quartier en construction des Bassins à Flot, il espère faire passer son chiffre d’affaires, actuellement de 28 millions d’euros par an, à 60 millions d’euros dans les quatre ans. «Quelque 20.000 habitants supplémentaires vont en effet s’installer dans un rayon de 5 minutes en voiture dans les cinq prochaines années» explique Christophe Guérin. La capacité du parking passera de 300 à 430 places.

Dans le magasin, le supermarché a innové, en investissant notamment dans une grande cave à vins, et en plaçant tous ses produits frais sous vitrine. «Ce sera une obligation d’ici à 2018, nous avons pris les devants, et nous sommes du coup les premiers à Bordeaux à le proposer » poursuit le directeur. Une cave de mûrissement de la viande, ou encore des sushis «maison» sont également proposés.

Prochaine grande étape: la rénovation de la gare Saint-Louis, qui se situe juste à côté, et qui appartient au propriétaire du Leclerc, Jacques Vallois. «Une dizaine de commerces, essentiellement du service, y sera installée d’ici à 2015.»