«Une écotaxe pourrait se prêter à la presqu’île du Cap-Ferret»

ENVIRONNEMENT Le péage sur l’Ile de Ré est un des rares modèles d’écotaxe existant actuellement en France. La presqu’île du Cap-Ferret pourrait, bientôt, s’en inspirer…

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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Le Cap-Ferret
Le Cap-Ferret —

Maire du Cap-Ferret, Michel Sammarcelli a lancé jeudi l’idée d’un péage pour pouvoir accéder à la presqu’île. D’un montant d’un ou deux euros, il servirait à financer des actions écologiques pour la protection du site. L’élu s’est notamment inspiré du péage instauré sur le pont de l’île de Ré, dont les recettes sont affectées à la protection de l’environnement. 20Minutes a interrogé Lionel Quillet, président de la communauté de communes de l’île de Ré.

Le maire du Cap-Ferret vient de lancer l’idée d’un péage pour accéder à la presqu’île, pour financer des actions écologiques. En avez-vous discuté ensemble?

Nous nous connaissons très bien avec Michel Sammarcelli, il est venu voir le système de péage sur l’île de Ré, je me suis rendu au Cap-Ferret, et nous avons discuté de la possibilité d’en instaurer un sur sa commune. Cela pourrait s’y prêter au Cap-Ferret, mais il faut une vraie volonté politique, car c’est compliqué à mettre en place.

Est-ce que cela l’a été pour vous?

Cela a été compliqué à faire accepter dès le départ, et ça l’est encore aujourd’hui, surtout que le pont est désormais financé. Depuis 2008, le péage est donc devenu une écotaxe, qui sert à différentes mesures pour la protection de l’île. Mais nous sommes encore en contentieux avec des citoyens, qui estiment qu’ils doivent pouvoir circuler librement. C’est pourquoi il faut expliquer la démarche, et mettre en place des mesures complémentaires et compensatoires à ce péage.

Par exemple?

L’écotaxe génère une recette de 13 millions d’euros par an. Quelque 6 millions continuent à être affectés à la gestion du pont. Environ 6,5 millions d’euros servent, par exemple, à préempter tout ce qui se trouve en zone naturelle, soit 80% de l’île, au financement de navettes électriques gratuites pour pouvoir accéder à l’ensemble de l’île, au réseau de pistes cyclables, qui mesure 110 kms, à la gestion des plantes invasives, la protection des dunes, etc… Et 500.000€ sont affectés aux communes, ce qui compense leur manque à gagner puisqu’elles ne peuvent plus construire.

Pensez-vous que ce système d’écotaxe va se développer pour pouvoir protéger des sites sensibles et financer des actions écologiques?

J’en suis convaincu. Même si l’écotaxe est une loi nationale, nous ne sommes que deux à l’appliquer aujourd’hui: l’île de Ré, et l’île d’Aix. Mais Oléron a relancé le débat pour en mettre une en place également. La protection de l’environnement coûte très cher, et il faut bien trouver des sources de financement. Mais il ne faut pas que le système soit dévoyé, et serve à mettre des barrières pour que plus personne ne puisse rentrer, ou seulement une catégorie de personnes. C’est pourquoi, en échange de cette écotaxe, le visiteur doit avoir accès à des moyens de transport gratuit sur le site.

Et il faut que les résidents conservent, eux, un accès libre?

C’est évident. Nos 18.300 résidents à l’année ne payent évidemment pas le péage sur le pont, et il y a ensuite tout un tas de tarifs pour les travailleurs, etc…