Bordeaux: Une soixantaine de cueilleurs espagnols arrivent au Château Montrose pour vendanger

VIN Le grand cru Montrose fait appel chaque année à des vendangeurs expérimentés qui viennent d'une petite ville espagnole...  

Elsa Provenzano

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A Bordeaux, le 27 août 2014, illustration de vendanges au château Montrose.
A Bordeaux, le 27 août 2014, illustration de vendanges au château Montrose. — Aline Dautresme

Cela dure depuis 30 ans. Chaque année une soixantaine d’habitants de Pruna, en Andalousie, viennent faire les vendanges à Montrose, un des grands crus médocains à pratiquer encore le ramassage à la main. Cette année, ils seront 62 à arriver le 13 septembre à Saint-Estèphe. Ils sont logés sur place dans un bâtiment qui vient d’être refait.

«Ils arrivent avec une bonne semaine d’avance et vont nous aider à préparer les vendanges. L’an dernier, ils ont réalisé les derniers effeuillages, afin que la vigne profite d’un ensoleillement maximum», explique Hervé Berland, gérant de Château Montrose, racheté en 2006 par Martin et Olivier Bouygues.

«Un travail parfait»

«Ce sont des professionnels de la cueillette, ils ramassent les fraises, les tomates, les haricots verts et vont au Portugal ramasser les olives. On les rappelle chaque année car ils font un travail précis», explique le gérant. Ces cueilleurs expérimentés ont l’habitude de travailler ensemble, sous l’égide d’un chef d’équipe.

A Montrose, les vendanges se font de plus en plus par parcelle, voire par partie de parcelle, selon le degré de maturité des raisins, l’expérience des vendangeurs se montre donc précieuse. «Ils connaissent le vignoble, ils connaissent nos exigences, et font un travail parfait», se félicite Hervé Berland.

«Tout n’est pas mûr en même temps»

Quelques grands Châteaux continuent à faire les vendanges à la main, arguant que c’est un gage de qualité. Ces vendangeurs espagnols aguerris font un premier tri en les ramassant et il leur arrive de passer deux fois dans les rangs, pour laisser le temps à certaines grappes de mûrir à point. «Sur les 95 hectares de la propriété sur laquelle on trouve quatre cépages différents, tout n’est pas mûr en même temps», précise le gérant. Si le vignoble est très étendu, il a l’avantage d’être d’un seul tenant, ce qui est très rare dans le Médoc.

Les vendanges devraient commencer entre le 20 et le 25 septembre et s’étaler sur trois semaines. Le gérant se montre très optimiste même s’il a beaucoup plu en août. «Sur de grands terroirs bien drainés, ce n’est pas bien grave», estime-t-il.