La victoire des opposants au bitume

ENVIRONNEMENT Le tribunal administratif a annulé hier le feu vert de l’Etat au grand contournement autoroutier

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Retour à la case départ pour le projet de contournement autoroutier de Bordeaux. En annulant, hier, contre toute attente, le feu vert ministériel accordé au projet, le tribunal administratif a rappelé l'importance du respect du débat public. Les juges ont donné raison à huit associations de défense de l'environnement qui estimaient caduque le feu vert de l'Etat, délivré le 18 décembre 2003, avant la clôture de la concertation, par le Comité interministériel de développement et d'aménagement du territoire (CIADT). Bafouée, la commission du débat public avait démissionné le 3 janvier 2004, à l'exception de son président, Dominique Moyen. Un collectif d'associations s'est alors engouffré dans la brèche, en contestant la validité de la procédure. Selon elles, le ministre des Transports Gilles de Robien n'était pas en mesure de délivrer son feu vert en mai 2004 pour un passage à l'ouest de la ville.« C'est une victoire historique », a réagi hier leur avocat Pierre Hurmic, élu (Verts) d'opposition à la mairie de Bordeaux. Il espère que cette décision de justice, inédite en France, « fera jurisprudence. L'administration considère trop souvent la concertation comme un alibi. » L'Etat a deux mois pour faire appel, « mais ce dernier ne serait pas suspensif », selon l'élu Verts. Le maire UMP Alain Juppé a quant à lui estimé hier qu'il est « bon de se laisser du temps sur ce dossier ». Philippe Madrelle, président PS du conseil général de la Gironde et « père du projet », a enfin salué une décision « en parfaite adéquation avec le moratoire » qu'il avait demandé au ministre l'été dernier, pour les mêmes raisons. Trois fuseaux étaient à l'étude, deux au nord de Bordeaux et un au sud.

Marion Guillot