Candidature de Juppé: «Nous n’aurons plus le maire de Bordeaux en face de nous»

POLITIQUE L’opposition bordelaise n’a pas tardé à réagir à l’annonce de la candidature d’Alain Juppé aux primaires de l’UMP pour la prochaine présidentielle...

Mickaël Bosredon

— 

Alain Juppé après sa réélection à la mairie de Bordeaux, le 28 mars 2014.
Alain Juppé après sa réélection à la mairie de Bordeaux, le 28 mars 2014. — SERGE POUZET/SIPA

L'annonce de la candidature d'Alain Juppé aux primaires UMP pour la présidentielle de 2017, n'a pas tardé à faire réagir dans sa ville de Bordeaux. Ce sont d'abord ses opposants socialistes qui se sont manifesté sur Twitter. Matthieu Rouveyre (PS) a ainsi lancé sur le réseau social: «L'entrée en campagne d'Alain Juppé correspond d'abord à une lourde trahison, celle de la parole donnée aux Bordelais.»

 

L'élu d'opposition au conseil municipal fait référence aux déclarations du maire lors de la campagne des municipales: «Si je suis élu en mars, ce sera pour 2014/2020.» Même ton du côté de la députée PS Sandrine Doucet: «Un faux suspense de courte durée, de fausses promesses. Des Bordelais bernés.»

 

Plusieurs adjoints d'Alain Juppé ont de leur côté manifesté leur soutien au maire, comme Anne Walryck, Elizabeth Touton ou bien Stephan Delaux qui a twitté: «Alain Juppé apporte la réponse que beaucoup attendaient.»

 

«En 2008, il avait déjà promis qu’il n’entrerait pas au gouvernement»

Joint par 20Minutes, Matthieu Rouveyre a précisé qu’il ne «jugeait pas la qualité du candidat Juppé à la présidentielle: C’est tellement le bazar à droite qu’il n’est pas plus mauvais qu’un autre.» En revanche, il dénonce ce qu’il estime être une «trahison envers les Bordelais.» «Et il n’aura mis que cinq mois à revenir sur sa parole. C’est quelque chose de récurrent chez lui, puisqu’en 2008 il avait déjà promis qu’il n’entrerait jamais au gouvernement… Et il y est allé en 2011. Nous vivons le même scénario, et je me demande quel crédit peut-on apporter à un candidat à la présidentielle qui n’a de cesse de revenir sur sa parole?»

Sandrine Doucet estime également que «les Bordelais doivent se rendre à l’évidence que les promesses d’Alain Juppé de se consacrer uniquement à Bordeaux ne seront pas tenues.» Concernant la stratégie du maire de Bordeaux, elle relève «qu’en se déclarant si tôt, il veut prendre de court les autres candidats à l’UMP. Cela donne une idée de l’ambiance délétère qu’il doit y avoir à droite… Mais cela me semble précipité de sa part.»

Dans un communiqué, la députée PS et ancienne secrétaire d'Etat Michèle Delaunay estime que Bordeaux «est une fois encore soumise à l'aléa de promesses fugitives et appekée à la gestion à distance.»

Il vient de fêter ses 69 ans

Matthieu Rouveyre prévient d’emblée qu’il ne manquera pas d’aborder le sujet lors des prochains conseils municipaux. «Sa candidature va lui prendre du temps, et nous n’aurons plus en face de nous le maire de Bordeaux! Encore une fois il va laisser la ville aux mains de ses adjoints. La dernière fois, il y avait Hugues Martin, un élu avec de l’expérience, mais là c’est une nouvelle génération qui l’entoure… »

Pour l'adjointe au maire Elizabeth Touton, «cette polémique n'a vraiment pas lieu d'être. Evidemment qu'Alain Juppé pourra continuer de se consacrer à Bordeaux, comme il l'a promis. Et il continuera à être présent.»

Alain Juppé, qui a fêté ses 69 ans le 15 août, n’est lui pas sur Bordeaux cette semaine. Après des vacances à Biarritz, il s’est envolé pour l’Amérique du nord, et devrait être de retour dans sa ville la semaine prochaine.