Vendanges: le Bordelais a «assez d'eau comme cela»

VITICULTURE A un peu plus d'un mois de la récolte, les professionnels attendent avec impatience le retour du beau temps...

Mickaël Bosredon

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Un viticulteur de Bordeaux dans ses vignes.
Un viticulteur de Bordeaux dans ses vignes. — SIPA

Jusqu’ici, tout va bien. «La période pluvieuse que nous essuyons en ce moment n’a pas encore d’impact sur les vignobles» assure Franck Jullion, président du syndicat des Côtes de Blaye, qui représente 5.200 hectares en rouge, et 800 hectares en blanc, et regroupe quelque 800 viticulteurs. «Mais de l’eau, nous en avons assez comme cela. Nous avons maintenant besoin du retour du beau temps, car le raisin va entrer dans sa période de mûrissement

Propriétaire du château Grillet-Beauséjour, Franck Jullion reste confiant: «La récolte des rouges devrait se faire fin septembre, aux alentours du 25, il reste donc un mois et demi devant nous pour que la situation s’améliore.»

Il retient surtout que cette campagne 2014 est «partie sur de bonnes bases, avec une alternance de pluie et de beau temps depuis le début de l’année qui a permis aux cycles végétatifs de bien se dérouler, et peu de pression maladive, si bien que le volume de raisins est au rendez-vous.»

On mise beaucoup sur une belle arrière-saison

Plus au sud, au château La Dominique, en appellation Saint-Emilion et en bordure de Pomerol, on analyse que «la forte quantité de pluie et le faible ensoleillement devraient rendre plus longue la maturité des baies.» Mais on reste optimiste également, «car le vent permet d’assécher les baies» et on mise beaucoup sur «le soleil de l’arrière-saison.» La récolte est prévue pour «la deuxième moitié de septembre, peut-être à partir du 20.»

Sur la rive gauche, dans le sud-Médoc, Karin Bernaleau, du château Mongravey, à Arsac en appellation Margaux, estime que «cela se présente plutôt bien.» «Sur une année comme celle-ci, les propriétés épargnées par la grêle, et qui s’évertuent à bien traiter leurs vignobles, ont tout pour réussir une récolte qualitative et en quantité.»

Une campagne 2014 très attendue

«Outre la pluie, la grêle constitue une menace de plus en en plus récurrente» remarque Franck Jullion. Si le Blayais a été épargné jusqu’à présent, ce n’est pas le cas dans le Nord-Médoc ou le Libournais, où la grêle a pu causer d’importants dégâts sur certaines propriétés. Ainsi, début juin quelque 120 viticulteurs du nord-est du Médoc (Blaignan, Prignac-en-Médoc, Lesparre…) ont été frappés par un violent orage de grêle. Certains ont perdu 100% de leur récolte.

La campagne 2014 est très attendue dans le Bordelais, après une récolte 2013 que Franck Jullion qualifie lui-même de «médiocre», et un millésime 2012 «qualitatif, mais pas quantitatif», qui ont éprouvé les trésoreries des professionnels.