Girondins: «C’est déjà très clair dans mon esprit», assure Willy Sagnol

FOOTBALL Le nouveau coach des Girondins a accordé un entretien à «20 Minutes» pour évoquer son intégration à Bordeaux, sa vision du métier et les ambitions qu’il nourrit dans ce rôle qu’il découvre…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Le Haillan, le 10 juin 2014 - Willy Sagnol, nouvel entraÓneur de Bordeaux, prÈsentÈ par Jean-Louis Triaud
Le Haillan, le 10 juin 2014 - Willy Sagnol, nouvel entraÓneur de Bordeaux, prÈsentÈ par Jean-Louis Triaud — Marc Nouaux / 20 Minutes

Il n’aime pas vraiment parler de lui. Willy Sagnol, le nouveau coach des Girondins, a accordé un entretien à «20 Minutes», dix jours après la reprise de l’entraînement. Pas forcément désireux d’évoquer son cas personnel car ce n’est pas le rôle d’un entraîneur selon lui, il a tout de même livré son regard sur son nouvel effectif, sa méthode et les attentes qu’il nourrit de sa nouvelle fonction.

Comment jugez-vous votre groupe après dix jours de travail?

On apprend à les connaître humainement, forcément ce sont des données supplémentaires mais sur le potentiel des joueurs, on avait une grosse idée de l’effectif peut-être un peu moins de certains jeunes que l’on n’avait pas beaucoup vu jouer donc les découvertes sont surtout sur ces joueurs-là.

Etes-vous surpris par certains?

Non. Ca correspond à ce que l’on avait imaginé.

En tant qu’entraîneur, quelle sera votre méthode?

Comme un coach. Chacun sa méthode. C’est une question de comment faire passer ses messages. Certains préfèrent les faire passer dans des animations de jeu, d’autres dans des discussions formelles ou informelles, certains ont besoin de beaucoup observer avant d’agir et d’autres l’inverse. Aujourd’hui, c’est difficile de définir une méthode, je viens d’arriver il n’y a pas longtemps. Après, ce n’est pas forcément la méthode de l’entraîneur, il faut s’adapter à l’effectif que l’on a. En fonction de si on a un effectif adapté ou plus jeune, c’est complètement différent.

Vous avez mis du temps à vous tourner vers le coaching…

Ce n’était pas forcément une suite logique à ma carrière de joueur. J’ai touché à pas mal de choses et c’est une richesse, surtout ces trois dernières années à la FFF où on est très rapidement confronté à tout ce que l’on peut connaître dans le foot, que ce soit le terrain, le management, la politique, l’aspect économique.

Qu’est ce que vous recherchez dans ce métier?

[Il hésite] Je ne suis pas persuadé que l’on cherche toujours quelque chose. C’est compliqué quand on est entraîneur de parler de ses attentes, de ses envies ou de son cas personnel alors qu’à la base, l’entraîneur est là pour servir un groupe à aller le plus loin possible.

L’adrénaline liée à la compétition, ce n’est pas une raison qui vous a poussé à retrouver le terrain?

C’est vrai que le fait d’avoir pris les espoirs il y a un an m’a fait retrouver certaines sensations du temps où j’étais actif. Cela a été une des raisons de ma réflexion pour être entraîneur maintenant. C'est-à-dire que le terrain m’attire peut-être plus que le travail de direction ou de coordination même si un entraîneur est un coordinateur à la base.

Et qu’est ce que Bordeaux peut vous apporter?

Quand on est jeune entraîneur, on ne réfléchit qu’avec des opportunités. On peut avoir pleins de plans de carrière mais si on n’a rien, ils tombent à l’eau rapidement. Pour moi aujourd’hui, Bordeaux est une mission qui durera le temps que ça durera. Que ce soit pendant un an ou dix ans, mon but c’est de réussir ici.

Vous n’avez évolué que dans trois clubs, vous recherchez aussi cette stabilité en tant que coach?

La stabilité d’un joueur sur sa carrière, c’est un trait de caractère aussi. Je ne dis pas que je n’aime pas le changement mais là où je me sens bien, je n’ai pas forcément envie de partir. Si je prends du plaisir dans ma mission à Bordeaux et qu’en même temps on a des résultats, je ne vois pas pourquoi j’en partirai.

En termes de jeu, vous savez déjà dans quel système vous évoluerez cette saison? 

Oui mais c’est trop tôt pour en parler. Aujourd’hui, on est là à 90% orienté sur la préparation athlétique pour mettre en place ce que l’on veut. Il n’y a pas de système. Ca sert à mettre des noms dans des cases et à se les représenter de manière visuelle. Les animations de jeu n’ont rien à voir.

Il y a encore des incertitudes?

Non, c’est très clair dans mon esprit mais pour l’instant, les joueurs travaillent énormément sur le plan athlétique, on ne va pas en plus les abreuver de données sur les animations de jeu tout de suite. Ca commencera un petit peu en stage.