L'épandage de pesticides en Gironde encadré par un arrêté

SANTE Un arrêté préfectoral a été pris pour réglementer les traitements viticoles et agricoles près des écoles et lieux sensibles...

Elsa Provenzano

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Un épandage dans des vignes bordelaises. 
 
Un épandage dans des vignes bordelaises.   — S.Ortola / 20 minutes

Après les cas d’intoxication, le 12 mai, d’enfants scolarisés à l’école de Villeneuve, voisine de vignes qui venaient d’être traitées, la préfecture vient de réagir en émettant un arrêté, le 23 juin, qui encadre l’épandage. Le seul document réglementaire en la matière date de 2006 et précise qu’il ne faut pas traiter les cultures viticoles et agricoles quand le vent souffle à plus de 19 km / h et l’arrêté préfectoral va plus loin. Pendant les jours de classe, l’application des pesticides, sera interdite jusqu’à 50 mètres des limites des établissements scolaires, pendant les vingt minutes qui précédent et qui suivent le début et la fin des activités scolaires et périscolaires. L’épandage est aussi prohibé lorsque les enfants sont dans la cour de récréation ou tout autre espace extérieur.

Réaction dans le monde viticole

«Sur le fond c’est regrettable que l’Etat ait eu à prendre un arrêté alors que le non respect des règles est le fait d’une infime minorité. Le bon sens veut qu’on s’arrête de traiter quand il y a des enfants dans la cour de récréation», réagit Laurent Gapenne, président de la fédération des grands vins de Bordeaux, qui rassemble les syndicats viticoles du Bordelais. Il pense également que l’arrêté n’empêchera pas «celui qui n’a pas un bon esprit», de continuer à épandre sans tenir compte des règles prescrites. «Sur la forme, la limitation à 50 mètres autour des bornes de l’établissement pose de nombreux problèmes pratiques. J’ai demandé aux viticulteurs de la fédération de ne pas traiter les parcelles de 7 h 30 à 18 h 30, c’est plus simple.» La fédération travaille avec les pouvoirs publics sur l’intégration de zones tampons entre les établissements scolaires et les parcelles, dans les Schémas de cohérence territoriale (SCOT), négociés en ce moment.  

L’arrêté ne va pas assez loin pour les parents d’élèves

«D’un côté on est content qu’un arrêté ait été pris, parce qu’il reconnait par exemple qu’il existe des dérives dans l’utilisation de produits phytopharmaceutiques mais on estime que 50 mètres c’est insuffisant. Il était question de 200 mètres auparavant», commente Elise Meunier, une des portes paroles du collectif «Alerte pesticides en Gironde», qui rassemble une quarantaine de riverains et parents d’élèves habitant à Léognan. Le collectif souhaite également que l’arrêté soit étendu à tous les jardins et habitations. Le collectif organise une manifestation, ce jeudi à partir de 16 h, devant l’école Jean Jaurès.

L’association de défense de l’environnement et de la santé «Générations Futures» estime aussi que l’arrêté ne va pas assez loin, notamment parce qu’il ne concerne que certains types de pulvérisateurs. «Il n’y a pas mal de contournements possibles», déplore Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures. La période scolaire s’achève et la principale période d’épandage, entre mars et septembre, sera quasi terminée à la rentrée. Il faudra donc patienter pour tirer un premier bilan des effets de cet arrêté.