L'entreprise Pessacaise "Vincent dans les Vapes", qui fabrique du e-liquide, fait un tabac

Elsa Provenzano

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Une des étapes de fabrication du e-liquide des cigarettes électronique à VDLV, installé à Pessac.
Une des étapes de fabrication du e-liquide des cigarettes électronique à VDLV, installé à Pessac. — E.Provenzano / 20 Minutes

Ce lundi, le conseil régional va présenter un dispositif intitulé «Start up Région», pour booster la création d’entreprises, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, cher au président de Région Alain Rousset. Vendredi, celui-ci est venu visiter l’entreprise «Vincent dans les vapes» (VDLV), qui a bénéficié d’un environnement favorable pour se lancer. «L’institut des sciences de la vigne et du vin et l’institut européen de chimie et biologie (tous deux soutenus par la région) nous ont inspiré, on s’est senti en confiance», raconte Charly Pairaud, directeur adjoint de VDLV.

Cinquante emplois crées

L’entreprise a été créée en 2012, après presque trois ans de recherche et développement avec des aromaticiens pour mettre au point des arômes naturels, destinés à l’inhalation et pas à l’ingestion. «Le problème avec le boom de la e-cigarette c’est que certains s’improvisent producteurs en quinze jours, nous on a fait beaucoup de recherche en amont», estime le directeur adjoint de VDLV. Près d’une cinquantaine d’employés (dont 37 en CDI) travaillent  pour cette jeune entreprise qui occupe à présent un local de 1200 m2  àPessac. Un deuxième labo et un centre de formation viennent d’être crées.

Pessac, une des capitales de la vapologie

«La France est le pays de la gastronomie, de l’œnologie, du parfum, il doit aussi être celui de la vapologie, sinon on aura tout raté», argue avec fougue Charly Pairaud. Pour lui, Pessac est une des capitales de la vapologie. Il en veut pour preuve la demande récente d’une société chinoise qui a requis l’expertise de VDLV, pour un marché européen. «C’est une innovation de rupture, c'est-à-dire qui crée quelque chose et ne fait pas qu’améliorer un produit existant. Et c’est avec ces innovations qu’on redressera l’appareil industriel français», s’est félicité Alain Rousset lors de sa visite.

L’arôme tabac est le plus vendu

Environ 700 000 flacons sortent tous les mois de l’usine de Pessac. Une quarantaine de saveurs et 3000 références sont proposées mais pour l’instant le goût tabac reste le plus vendu. «Suivent la menthe, les  fruits rouges. L’innovation maintenant ce sont aussi les goûts salés», explique le directeur adjoint de VDLV. Les commandes sont faites sur mesure et comportent des petits mots adressés aux destinataires. «J’ai commencé comme ça et on a voulu conservé ce côté artisanal», explique Vincent Cuisset, inventeur de VDLV et ancien chargé d’affaires ingenierie chez Air Liquide. 

«Vapoter c’est comme respirer un rouge à lèvre»

Quand on évoque les effets du vapotage sur la santé, Charly Pairaud répond : «Fumer une cigarette c’est comme respirer un pneu et vapoter c’est comme respirer un rouge à lèvre.» Il reprend aussi à son compte une phrase de Bertrand Dautzenberg, professeur de pneumologie à l'université Pierre-et-Marie-Curie et pneumologue à La Pitié-Salpêtrière : «Fumer, c'est un peu comme prendre l'autoroute à contresens. Vapoter, c'est rouler  à 140 km/h au lieu de 130 km/h.» Ce pneumologue favorable au vapotage ajoute dans un article en ligne sur le monde.fr : Certes c'est «un produit toxique et addictif», mais « 100 à
1 000 fois moins dangereux que le tabac».

Un testeur d’arômes développé

Le Juke Vape permet de tester l’inhalation de différents arômes naturels de e-liquide. VDLV a demandé à Erem, Etudes et Réalisation d'Ensembles Mécaniques, une PME qui emploie 6 personnes à Canéjan, de le concevoir et de le fabriquer. Une quarantaine de modèles vont être disponibles dans une dizaine de magasins, d’ici la fin du mois.