Les entreprises aquitaines carburent au soleil

ENERGIE Le conseil régional d'Aquitaine soutient les projets d'installations de panneaux photovoltaïques lorsque l'électricité produite est consommée sur place par l'entreprise. Une initiative saluée par le ministère de l'écologie lors de la présentation du projet de loi sur la transition énergétique...

Basile Morthymen

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Bordeaux, 22 aout 2011. - Travaux d'installation de plaques photovoltaiques et abris pour les vehicules sur le parking du parc des expositions de Bordeaux Lac
Bordeaux, 22 aout 2011. - Travaux d'installation de plaques photovoltaiques et abris pour les vehicules sur le parking du parc des expositions de Bordeaux Lac — SEBASTIEN ORTOLA

Equipées de panneaux photovoltaïques, des ombrières sur les parkings protègeront du soleil les voitures des salariés et des clients. Et mettront leurs propriétaires un peu à l’abri de l’envolée des prix de l’électricité – plus 30% prévus d’ici 2017 par la Commission de régulation de l’énergie. C’est du moins le pari de Labat Assainissement, à Aire sur Adour (Landes) et du centre commercial Leclerc de Langon (Gironde). Ces deux entreprises vont en effet bénéficier d’aides de la région Aquitaine, fléchées vers l’autoconsommation d’électricité solaire: 100.000 euros, sur les 450.000 euros que va coûter l’installation photovoltaïque pour la société landaise de traitement de déchets, par exemple.

Jusqu’à 40% d’autonomie énergétique

« L’intérêt pour nous, c’est d’être plus indépendants de tous les réseaux externes, explique son patron, Xavier Labat. Notre nouvelle usine de méthanisation, qui va produire du gaz et de l’électricité à partir de déchets, puis la revendre à EDF, a besoin pour fonctionner d’un mégawatt par an. Notre production photovoltaïque assurera jusqu’à 40% de ces besoins ». Le Leclerc de Langon estime à moins de 6% ce taux de couverture. Mais c’est toujours ça de pris sur les factures de plusieurs centaines de milliers d’euros que doivent payer les grandes surfaces, notamment pour leurs réfrigérateurs.

Il faut toutefois 10 ans pour rentabiliser ces installations. Et si les entreprises vont autoconsommer jusqu'à 90% de leur production, elles ne pourront revendre l'électricité réinjectée sur le réseau, comme le permet le système le plus courant, celui du rachat par EDF (à des tarifs avantageux) de l'énergie verte.

Pour aider au démarrage des projets énergies renouvelables, le soutien public reste donc indispensable. La région, pionnière de l’autoconsommation énergétique, a décidé de financer les projets d’une vingtaine d’entreprises, entre 10% et 40% du montant de ces investissements.

«Les tarifs de rachat de l’électricité ont stimulé l’industrie photovoltaïque, mise ensuite à mal lors du moratoire sur ces tarifs en 2010, explique Pascal Latorre, chargé de mission au conseil régional. Développer l’autoconsommation permet d’orienter les entreprises locales, réunies dans le cluster Sysolia, vers un marché d’avenir. Car cela suppose une vraie notion de maîtrise de l’énergie, quand les tarifs de rachat sont un placement, motivé par le gain». Les entreprises motivées sont bienvenues : la région a dépensé 600000 euros, sur un million disponible.