A Bordeaux, on fabrique le décor d’un opéra qui va tourner dans toute la France

Elsa Provenzano

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Les décors pour les "Caprices de Marianne" sont réalisés dans l'atelier de l'opéra de Bordeaux, à Bacalan. 
 
Les décors pour les "Caprices de Marianne" sont réalisés dans l'atelier de l'opéra de Bordeaux, à Bacalan.   — E.Provenzano / 20 Minutes

Dans l’atelier de fabrication des décors de l’Opéra, à Bacalan, on donne les dernières touches aux éléments du décor préparé pour les «Caprices de Marianne». Plus d’une vingtaine de professionnels ont travaillé pendant environ deux mois, à partir d’une maquette qui s’inspire de la galerie Umberto 1er de Naples. Pour des raisons pratiques, c’est un décor unique qui a été choisi puisqu’il va tourner à partir de septembre dans toutes les villes engagées dans la coproduction : Avignon, Limoges, Marseille, Massy, Metz, Nice, Reims, Rennes Rouen, Saint-Etienne, Toulouse, Tours, Vichy, un opéra suisse, et Bordeaux. Chaque ville participe en fonction de ses compétences et Bordeaux a été choisi pour les décors et les accessoires.

Un gros travail sur les peintures

«C’est un chantier classique avec beaucoup d’angles et pas mal de travail pour les peintres», relève Cédric Fidoni, chef constructeur sur le projet. Depuis début avril, cinq peintres ont œuvré sur le décor pendant environ cinq semaines pleines. «Ce n’est pas un décor moderne, c’est plutôt très classique avec un jeu de toiles, alors que la mode est davantage aux volumes, comme dans Othello par exemple. On a beaucoup travaillé sur les perspectives dans les toiles, l’architecture. Il me presse de voir l’éclairage, qui compte énormément pour la mise en valeur de notre travail», explique Soizic Doën, une des peintres. Outre les peintres, on trouve sur le chantier des serruriers (pour la rigidification en métal des pans du décor), des menuisiers (pour les chassis), des voilières (rideaux, toiles, tapis…)

Les décors, une spécialité bordelaise

En France, peu d’opéras ont leurs propres ateliers de décors. «A Bordeaux, ils sont performants, on fait quatre à cinq productions par an et là on a intercalé ce chantier», commente Giulio Achilli, directeur technique de l’Opéra de Bordeaux. Et en période creuse, l’institution prend les commandes d’autres opéras notamment étrangers. «Cette performance on la doit à un personnel compétent avec des métiers très anciens, comme celui de sculpteur», ajoute le directeur technique.

Les décors sont quasiment prêts, un éclairage y a été intégré et ils seront stockés dans l’entrepôt de l’Opéra jusqu’au 8 septembre, date à laquelle ils partent pour Reims. La première aura lieu là bas, le 18 octobre. Et il faudra attendre février 2016 pour découvrir cet opéra à Bordeaux.

Budget de 470 000 euros

La coproduction permet de réaliser des économies car on partage les coûts entre les opéras. Chaque opéra met 20 000 euros au pot sur un budget total de 470 000 euros, dont 160 000 provenant de l’association du centre français de promotion lyrique, à l’origine de l’événement.