La création du parc naturel marin du Bassin d'Arcachon sera annoncée ce dimanche par Ségolène Royal

Elsa Provenzano

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La beauté du Bassin explique la préférence des résidents et touristes pour les loisirs liés à la mer.
La beauté du Bassin explique la préférence des résidents et touristes pour les loisirs liés à la mer. — TRAVERS/SIPA

Six ans après le lancement de l’idée d’un Parc marin sur le Bassin d’Arcachon et son ouvert, Ségolène Royal, ministre de l’écologie, vient annoncer sa création, ce dimanche, sur le Bassin, à l’occasion de la journée mondiale de l’océan. Ce sera le sixième parc marin après ceux d’Iroise, de Mayotte, du golfe du Lion, des Glorieuses, et des Estuaires picards et de la mer d’Opale. La ministre de l’écologie va aussi annoncer le lancement d’une étude pour la création d’un Parc naturel marin du cap Corse.

Chronologie de la création du Parc

Le Parc marin du Bassin a été évoqué pour la première fois en 2008 pendant la campagne des législatives de François Deluga, ancien député du bassin d'Arcachon et maire socialiste du Teich. L'arrêté autorisant le lancement de la procédure d'étude et la création du parc a été signé le 11 janvier 2010 par le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo. Depuis le 15 février 2010, une équipe de l’Agence des aires marines protégées, conduite par Anne Littaye, mène une concertation avec tous les acteurs locaux en vue de la création du parc.

Protéger le patrimoine naturel du Bassin

Le Bassin propose une grande diversité d’habitats naturels qui hébergent une riche faune aquatique. L’ouvert est un lieu de passage notamment pour le phoque veau-marin ou le grand dauphin. Quatre espèces de tortues marines y évoluent. Dans les vasières, on trouve des hippocampes et des seiches et les marais constituent un refuge pour de nombreux oiseaux. L’activité économique du Bassin s’appuie sur cette richesse du patrimoine naturel. 350 entreprises d’ostréicultures y sont implantées, le nautisme et le tourisme balnéaire y sont aussi très développés. Selon l’Agence des aires marines protégées qui conduit la mission d’étude pour un parc naturel marin, la préservation du milieu marin sert aussi les intérêts économiques des filières locales. «Les activités maritimes, dans la plupart des cas, dépendent du bon état écologique du milieu marin», estime l’Agence sur son site.

Une gouvernance partagée

Le parc sera géré par un conseil de 56 membres : des usagers professionnels (ostréiculteurs, pêcheurs, industries nautiques…), des usagers de loisirs (sports de glisse, voile, pêche…), les élus locaux (communes du bassin, région, département), les associations de protection de l’environnement et du patrimoine culturel, des personnes qualifiées et des représentants des services de l’État. «Ce qui est important à mon sens, c’est que le conseil de gestion ne sera pas aux mains des seuls élus, les organisations professionnelles, les associations sont aussi représentées», se félicite Michel Daverat, conseiller régional Europe écologie les verts (EELV) et administrateur à l’Agence des aires marines protégées. Il explique qu’aucun groupe n’aura la majorité et qu’un consensus devra être trouvé à chaque fois, en fonction des dossiers.

Le schéma de mise en valeur de la mer appliqué

Pour l’élu la création du parc va faire bouger les choses, au sens où elle permettra notamment d’appliquer réellement le schéma de mise en valeur de la mer, qui existe pourtant depuis de nombreuses années. Par exemple, les mouillages se font de manière sauvage pour la plupart sur le Bassin, et pourraient devenir plus réglementés. Ce pourrait aussi être la fin de l’usage de peintures anti-salissures polluantes sur les coques des bateaux. «Le plus difficile c’est que les acteurs soient persuadés qu’il faut aller dans le sens de cette co-gestion», conclut l’élu. Après la formation du conseil de gestion, un directeur va être recruté.